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terre de ces Chercheurs, & qu’il y en a un boanombre préfente-ment en Hollande ; mais fi cela eft, ils ont foin de fe cacher, caron ne les a pas encore découverts, & tout ce qu'en dit cet Auteurpourroit bien n'être fondé que fur fon imagination.
C HE'RE'A S (Charests) Hiftorien Grec. Polybe en parleavec un mépris extrême, & dit qu’on doit conûdértr ce qu’il avan-ce avec certains Hiftoriens, comme on regarde les Fables inventéesdans la boutique d’un Barbier. Mihiquidem, dit Polybe, nonproHifloriis fcripta eorum videntur hzberi debere , fed pro fctbulis ex cfficimalicujus Tonforis etuf vulgi face profeclis. On ne fait pas bien en queltems il a vécu. Chéréas eft aulîi le nom d’un Capitaine qui a-bandonna Ptolomée, pour fe ranger du parti d’Antiochus. * Poly-be, l. y
C H E'R E'A S ou CHÆRE'AS, frère de Timothée &d'Apollophanès, fut tué avec fes frères après la prife de Gazara ,dans un marais où ils s’étoient tous trois allé cacher. ” II. Macbab.ch. 10. v. 32. & 37. Ce Chéréas étoit Gouverneur de Gazara l'andu monde 3871, avant Jefus-Chrift 164.
C H E' R. E' A S Calfius. Cherchez. C A S S I U S.
CHE'RE'BERT, Roi de France. Cherchez. C H A R I-BERT.
C H E'R E'D E'M E, frère d’Epicure , s’adonna à l’étude dela Philofophie, & vécut fous la CX Olympiade, vers l’an 340,avant Jefus-Chrift. Epicure compofa un Traité des Dieux, intituléChéréuéme , en l’honneur de ce frère, ou de quelqu’un de fes amis,dont il vouloir faire connoître le nom à la poftérité. * DiogèneLaërce, Vie d’Epicure. Gaflëndi, Vie du meme, I. i.ch. 1.8. & 10.
C H E' R E' G U A, ille de l’Océan Oriental, eft dans l’Archi-pel de Saint-Lazare, parmi celles des Larrons. * Maty , Dift.Gcogr. Jaillot dans fa mappemonde publiée en 1694, l’appelle Cé-réga, & la place fous le onzième degré de latitude feptentrionale.Sanlon, dans fa Carte des Ifles Philippines, la nomme Chérégmn lie luidonne la même fituation. On ne trouve aucun de ces noms dans lesCartes de M. Delifle.
C H E'R E M, Anathème. Les Hébreux diftinguent trois fortesd’anathèmes ou excommunications. La première eft Niddz't, fépa-tïon, le premier degré de l’excommunication Judaïque. La fécondéeft Chérem, la grande excommunication , ou l'Anathême. Latroifiéme eft fehammata , à laquelle eft attachée la peine de mort.Le Chérem prive l’excommunié de plufieurs avantages de la fociétécivile. Il ne peutavoir commerce avec perfonne, ni vendre, niacheter , finon les chofes abfolument nécelfaires à la vie ; ni fré-quenter les écoles, ni entrer dans les Synagogues. On ne peut niboire ni manger avec lui. La fentence de Chérem ne pouvoit êtreprononcée que par dix perfonnes, ou du moins en préfence de dixperfonnes. Mais l’excommunié pouvoit être abfous par trois Juifs,Ou même par un feul, pourvu qu’il fût Doéteur de la Loi. La for-me de l’excommunication étoit chargée de quantité d’imprécationstirées de differens endroits de l'Ecriture. * Bartolocci, Biblhth.R M. terne 3. Selden, de Synedriis, l. 1. Basnage , Hift. des Juifs ,tome 3. 1 . 7. ch. 20. édit, de Paris. D. Calmet, Dicl. de la Bible.
CHE'RE'MON, Ecrivain du tems d’Augufte, ainfi qu’onl’apprend deStrabon, qui aflïire , l. 17, qu’il fuivit ÆliusGallus,allant d’Alexandrie dans la Haute Egypte. C’étoit, fuivant le mê-me Auteur, un homme vain, qui vouloit palfer pour grand Philo-fophe & bon Aftronome, mais qui fe fit mocquer de lui. Tzetzèsen nous apprenant qu’il fut Ecrivain facré en Egypte, ajoute, Chil.5. Hifl. 6, que dans l’explication des Lettres facrées, il afsûroit quele phénix étant venu en Egypte, mouroit après avoir vécu fept milfix ans: en quoi il a pouffé l’âge du phénix au delà des autres; carles uns ne lui donnent que 300 ans de vie, & ceux qui ont été le plusloin, comme le remarque Tacite, nont pas paffé le nombre de1400 ans. Le livre où on lifoit cette impertinence, eft apparem-ment celui qui eft appellé les Hiéroglyphiques par Suidas, qui fousle mot tuwvnot , lui attribue encore une Hiftoire d’Egypte, & quiaflüre qu’il fut le maître de Denys d’Alexandrie. Joféphe, 1 .1.contre Apion , cite fon Hiftoire d’Egypte , mais pour le réfuter.Théodoret, Therapeut. Serm. 3, en fait auffi mention, & ce quePorphyre dit après Chérémon des Prêtres d’Egypte, l. 4. deAbftin.il l’a pris fans doute dans le même Ouvrage. On apprend de cet en-droit-ci que Chérémon étoit Stoïcien, ce qui donne tout fujet decroire qu’il fut l’Auteur du Traité des Comètes, cité par Origéne,1 . 1 . contra Celfum, comme d’un Stoïcien de ce nom; & c’eft avecaffez d’apparence qu’on croit que l’Auteur du livre des Comètesemployé par Sénéque. Narwr. I. ult.ch. 3,eft celui-là même
dont on parle ici, quoique dans les imprimez il foit appellé Chari-mander. * Bibliothèque Univerfelle des Hiftoriens Profanes de M.DuPin, tome i.p. 46.
C H E' R E'M O N (Saint) Evêque de Nilople en Egypte, futun des faints ConfelTeurs qui pendant la perfécution de Déce fe re-tirèrent dans les montagnes d’Arabie. Il étoit alors fort âgé, &mourut de fa mort naturelle, ou fut tué par les Barbares. Quoiqu’il en foit, il eft honoré comme Martyr dans les Martyrologes au22 de décembre. Saint Denys d’Alexandrie fait mention de la fuitede ce faint Evêque dans Eufébe, Hifl. 1 . 6 . ch. 42. * Mémoires Ic-elef. de Tillemont, ch. 3.
CHE'RE'PHON, Poë’te Tragique , né dans l’Attique,vivoit du tems de Philippe , Roi de Macédoine, fous la CVIIIOlympiade , vers l’an 348 avant Jefus-Chrift, & étoit un des Difci-ples de Socrate. Il devint fi pâle à force d’étudier, qu’on l’appellaB yxinos, c’eft à dire, de couleur de bouis. On le nomma encorechauve-fouris , parce qu'il étoit noir & qu’il avoit une voix déliée.Il compofa une Tragédie intiulée les Héraclides. * Suidas.
CH E'RE'STRATE , mère du Philofophe Epicure ,fortoit d’une famille très-noble. * Diogène Laërce, Vie d'Epicure.Gaffendi.
C H E 1 R E Z. Voyez. X E'R E Z.
C H E' R I F ou S H E' RI F, en Arabe, lignifie Prince ou Sei-gneur Illujlre. Les Turcs donnent quelquefois ce nom à leur Em-
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pereur, auffi-bien que celui de Sultan. Le Prince de la Mecques’appelle Cbérif, de même que l’Empereur de Sus, qui eft auffi Roide Tafilet, celui de Fez , & celui de Maroc en Afrique , qui lefont rendus Souverains depuis le commencement du XVI liécle. Lepremier de ces Chérifs fut un Alfaqui, Doéteur de la Loi de Ma-homet , qui parut en ijo8, & fe nommoit Mahomet Ben Hamet,autrement le Chérif Hafcen. Il fe difoit de la lignée de leur Pro-phète ; c’eft pourquoi il prit le nom de Chérif, comme propre auxDefcendans des filles de Mahomet. Il avoit trois fils, Abdelqui-vir , Hamet, & Mahamed qu'il envoya en pèlerinage à la Mec-pue, &à Médine, pour les mettre en réputation parmi les Afri-cains. A leur retour, parce qu’ils fuivoient la Seéte des Morabites,ils furent eftimez comme Saints par ces Barbares. Ben-Hamet en-voya à Fez les deux plus jeunes, qui étoient fort favans , difputerla chaire du Collège de Modaraça, laquelle fut donnée au plus âgé.Son cadet fut Précepteur des enfàns du Roi; mais comme leur pè-re avoit de plus hautes penfées, il leur perfuada de demander auRoi de Fez la permiffion d'aller combattre les Chrétiens, qui ferendoient puiftàns en Afrique , & de maintenir par les armes la Loide Mahomet, comme ils y étoient obligez en qualité de Chérifs.Le Roi jugea bien que cette permiffion pouvoit avoir de dangereu-fes conféquences, & que joignant le titre de Protecteurs du peupleavec celui de Chérifs,ils pourraient ulurper toute l'autorité. Néan-moins il fe laifla gagner par leur fainteté apparente, & leur permitde publier un gazAe contre les Chrétiens : (c’eft parmi eux ce qu’eftla Croifade parmi nous.) Après avoir levé une armée fort nom-breuse, qu’ils entretenoient desdixmes qui leur furent accordéés,ils s’approchèrent de Tanger & d'Arzile, d’où ils retournèrent àFez avec quelque butin. De là ils pafférent au Royaume de Ma-roc, l’an 1514, avec leurs tambours & leurs baniéres, pour attirerde nouvelles troupes, & avancèrent jufqu’â Tarudant , dans laprovince de Sus, où ayant gagné les principaux du païs, ils prirentavec leur père la qualité de Gouverneurs de Tarudant & de Dara jpuis encore le titre de Prince de Héa, qui eft une province au Se-ptentrion de celle de Sus. Le Chérif Hafcen étant mort, fes troisfils ne furent pas moins ardens que lui à établir leur domination. Ilsattaquèrent le Gouverneur de Safi, qu'ils firent prifonnier avec plu-fieurs Gentilshommes Portugais ; mais Abdelquivir mourut dans lecombat. Les deux autres Chérifs retournèrent viétorieux : ce quiaugmenta leur réputation, L’an 1519, ils réfolurent de s’emparerdu Royaume de Maroc. Dans ce deflèin ils allèrent à Maroc , &trouvèrent moyen d’empoifonner le Roi. D’autres difent quïls lefirent poignarder la nuit, après l'avoir attiré à une conférence fecret-te. Lorsqu’ils eurent exécuté cette trahifon, ils fe rendirent maîtresdu château ; & l'aîné fut déclaré Roi comme parent de Mahomet.& légitime héritier de la Couronne. Le cadet prit le titre de Vi-ceroi & de Gouverneur de Tarudant. Quelque tems après Hametfe qualifia Roi d’Afrique ; ce qui irrita le Roi de Fez, lequel allaaffiéger Maroc, d’où il tût contraint de fe retirer. Les deux frè-res dont l’un étoit Roi de Maroc, & l’autre fe nommoit Roi de Sus,apprirent que le Roi de Fez revenoit avec une puiffànte armée*& fans attendre fon arrivée , ils l’allèrent joindre à fon paffàge , oùils lui donnèrent bataille, & remportèrent la viéfoire. Le fils duRoi de Fez y fut tué , & ce Roi fe fauva en diligence, laillànt fonartillerie dans le camp. Après cette viéfoire les Chérifs furent afifiéger la ville de TafiletdanslaNumidie.où eft maintenant leBile-dulgérid, & s’en rendirent maîtres.
L’an 1536, Mahamed, Roi de Sus, conquit la ville de Sainte-Croix au Cap d’Aguer, qui appartenoit au Roi de Portugal, où iltrouva beaucoup d’artillerie & de munitions, & où il fit captifs ungrand nombre de Chrétiens. Enfin la puiflànce des Chérifs devint fiformidable, que le Roi de Portugal abandonna la plupart des pla-ces qu’il avoit fur ces côtes.- Au milieu de ces conquêtes l’ambi-tion fit naître entre les deux frères une très-cruelle guerre. Hamet,comme l’aîné, régnoit dans Maroc, & avoit donné Sus à Maha-med pour le gouverner fous fon autorité ; mais le cadet qui étoit leplus vaillant, & le plus aimé du peuple, voulut jouïr de l'autoritéfouveraine, & refufa d’obéïr aux ordres de fon frère. Lorsqu’onen vint aux mains, le Roi de Sus gagna la bataille, & fit prifonnierle Roi de Maroc, qu’il remit en liberté après la paix qui fut con-clue en 1343, & par laquelle il fut accordé que les deux frèrespartageraient également toutes leurs conquêtes. Mais Hamet fevoyant libre leva de nouvelles troupes, marcha contre Mahamed,qui alla au devant de lui, remporta une lèconde viéfoire, & fe ren-dit maître de la ville de Maroc en 1343. Il traita néanmoins fonfrère avec beaucoup de douceur, & l'envoya commander dans Ta-filet, lui promettant de mettre fes fils en poflèfiion de fes Etats.Comme Mahamed ne pouvoit demeurer en repos, il cherchaune occafion de rompre la trêve qu’il avoit faite avec le Roi deFez, l’engagea à une bataille, & le fit prifonnier avec fon fils, en1347. L’année fuivante, il le mit en liberté ; mais trois mois aprèsil alla avec une armée devant Fez, prit poflëflïon du Palais, &envoya le Roi à Maroc, puis il époufa une des filles de ce Roi, &demeura ainfi maître de la ville, & de la plus grande partie de l’E-tat. Le Chérif pourfuivant fes conquêtes, envoya trais de fès filscontre Trémécen, qu’ils prirent fans tirer l'épée ; parce que leTurc qui y commandoit, le rendit d’abord. Quelque tems après,il conçut quelque foupçon contre le Roi de Fez & fès fils quiétoient à Maroc ; & dans la penfée qu’ils foulevoient le peuple, illes envoya égorger tous en même tems. L’an 1333, les Turcsd'Alger reprirent Trémécen, & s’approchèrent de Fez : ce quiobligea le Chérif de fortir en campagne, parce que cette ville a leprivilège de fe pouvoir rendre, lorsque fes ennemis font à demi-lieue de la ville, & que le Prince n’eft pas affez fort pour les com-battre. Les Rois jurent à leur avènement, d’obferver inviolable-ment cette coutume. Mahamed ayant perdu la bataille, fe retiradans le nouveau Fez, d’où il prit la fuite vers Maroc. Les Turcs en-trèrent dans la ville, & pillèrent le thréfor du Chérif; mais Maha-med y revint en 1333, gagna une bataille, & rentra en poflèlfion
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