VOIES PUBLIQUES. 285
MM. Seguin d’Annonay ont les premiers, en France,exécuté des ponts suspendus. Ils se contentent de lils de fer ,
qu’on leur fait subir une tension plus ou moins considérable, mais qui pourtant nel’est pas assez pour altérer leur adhésion moléculaire et leur structure intérieure.
D’après les expériences de M. Dnleau, nous savons qu’une verge de fer s’allonge deo,ooo.o 5 o , valeur moyenne de sa longueur, quand elle est soumise à la tension de 2kilogrammes par millimètre quarré de sa surface. Les différences d'allongement ont étécomprises suivant les diverses espèces de fer, entre les limites 0,000.o 38 et 0,000.062 ,dont la moyenne est o,ooo.o 5 o.
M. Auguste Pictet, correspondant de l’Académie, a fait des expériences sur le rac-courcissement du fer forgé, et il a trouvé que ce raccourcissement, pour une pressionde 1 kilogramme par millimètre quarré, était de 0,000.076.
Un moyen ingénieux de vérifier l’allongement du fer par les forces qui le sollicitentdans le sens de sa longueur, est celui qu’on peut déduire de la vitesse du son, dans cemétal. M. Duleau trouve que cette vitesse doit être de 5 .018 mètres par seconde. M. deLaplace a démontré que les expériences de Cliladni concordaient avec celles de Borda,sur l’élasticité du cuivre, pour donner au son propagé par ce métal, une vitesse de3.597 mètres par seconde. Or, d’après les expériences de Cliladni, la vitesse du soudans le cuivre est à sa vitesse dans le fer forgé : : 12 : 16 et 12 : 16 f : : 3.597 , : 4-997quantité qui diffère très-peu du nombre 5 .o 18 trouvé par M. Duleau. C’est ainsi que laphysique et le calcul se réunissent pour vérifier des mesures dont l’extrême difficultépourrait laisser quelques doutes quant à leur exactitude.
D’après les expériences de M. Duleau, on peut faire éprouver aux fers un allonge-ment de o,ooo .65 par mètre, sans altérer leur adhésion moléculaire; allongement quicorrespond à 10 ou i 3 kilogrammes de charge, suivant la nature des fers en barre.Telle est la limite qu’il ne serait pas prudent de dépasser dans les tensions les plus fortesauxquelles doivent être soumis les élémens des ponts suspendus. Si l’on se tient dans ceslimites, l’élasticité du fer ayant toute son énergie, raccourcira les barres employées,dès que les tensions diminueront. Ce raccourcissement plus ou moins prompt, ferareprendre aux ponts suspendus la figure qu’ils avaient avant le passage de chaquevoiture, ainsi qu’avant des ehangemens sensibles de température, aussitôt que le ther-momètre reviendra au même degré de chaleur.
Il importe d’examiner les avantages et les inconvéniens de l’emploi du bois, pour laconstruction des chaînes destinées à soutenir le plancher des ponts. D’après les expé-riences de M. Barlow, citées par M. Xavier, il faut un effort de 8 kil °s -,4 par millimètrequarré de la section transversale , afin de rompre le sapin; tandis que 7 kilogrammessuffisent pour rompre le chêne. Au lieu de ces valeurs, M. Rondelet a trouvé 9 kiio 6',8,tant pour le chêne que pour le sapin. Cette force est à peu près le cinquième de celledont il faut se servir lorsqu’on veut rompre le fer forgé.
M. Navier admet qu’avec le cinquième seulement de la foree qui produit, dans lesens des fibres, la rupture du fer, les bois n’éprouvent aucune détérioration: c’est à