FORCE COMMERCIALE.
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lieu de ces aqueducs soutenus par de hautes arcades, qui né-cessitent de si grandes dépenses, il sera de la plus grande éco-nomie de former des aqueducs suspendus; lesquels pourrontêtre des tuyaux ou des caisses de hois ou de métal. Enfin, demême qu’on a posé sur des arcades, des aqueducs en fer, assezspacieux pour que des hateaux y naviguent, on peut suspendrede semblables aqueducs à des chaînes , et franchir ainsi desvallées fort-encaissées, avec autant de sécurité que d’économie.
Déjà la France possède un petit aqueduc , formé par unsimple tuyau de conduite, que porte une chaîne de suspension :c’est M. de Chabrol, préfet de la Seine, qui a fait exécuter cetravail, dans ses possessions de Yolvic. M. Navier, ingénieurdes ponts et chaussées, qui est allé deux fois en Angleterre,pour y étudier les ponts suspendus, a rédigé, sur ces con-structions nouvelles, un excellent mémoire dans lequel il donneun projet d’aqueducs suspendus, propres à la navigation. Cemémoire contient aussi le projet d’un pont suspendu qui doit,sans piles intermédiaires, unir les deux rives de la Seine,entre les Invalides et les Champs-Elysées *.
* Je vais présenter ici quelques extraits du rapport que j’ai rédigé au nom d’unecommission, et d’après lequel le mémoire de M. Navier a reçu l’approbation de l’Aca-démie des sciences : je choisirai les passages qui font connaître des faits indispensablesà ceux qui veulent construire des jionts suspendus. Je renvoie à l’ouvrage même, lespersonnes versées dans l’étude des mathématiques transcendantes : elles y trouverontune théorie complète de l’équilibre et des mouvemens de cette espèce de ponts.
Afin de simplifier beaucoup de recherches, on peut, sans craindre d’erreur sensible,prendre pour des paraboles, les courbes formées par des chaînes de suspension. Lors-qu’un fil sans pesanteur, est-il dit dans le rapport fait à l’Académie, est tenu par deuxpoints fixes , à ses extrémités, et qu’on le charge de poids situés sur des verticales équi-distantes , la courbe caténaire qui représente l’état d’équilibre du fil ainsi chargé, estune parabole. Cette propriété à laquelle parvient M. Navier , avait été déjà trouvée parl’un de nous ( M. Charles Dupin), dans les recherches qu’il a faites, pour son Architecturenavale militaire, sur les cordes chargées de poids, au moyen desquelles les anciensconstructeurs figuraient, à bord des vaisseaux, la courbure longitudinale des ponts;mais M. Navier n’avait aucune connaissance de celte antériorité.
Un élément essentiel à connaître est l’allongement pris par des barres de fer, lors-