VOIES PUBLIQUES. 267
connus, et sur des précipices d’une largeur non moins consi-dérable ; il leur fallait, pour cela, trouver des moyens faciles etpeu dispendieux. Les ponts suspendus leur ont semblé réunirce double avantage ; ils ont entrepris d’en ériger d’assez soli-des pour porter des chevaux et des voitures; le succès a cou-ronné l’audace d’une telle entreprise. Aujourd’hui l’on voitau-dessus des cataractes du Sckuylkill, un pont suspendu dansles airs, à trois points fixes seulement, et dans une longueurde p3 mètres ; ailleurs, un second pont, soutenu par quatrepoints d’appui , présente une longueur de i/jA mètres; untroisième , jeté sur la Merrimack, dans l’état de Massachussets,n’est soutenu que par deux points lixes , éloignés l’un de l’autrede 7 4 f mètres ; ce qui surpasse de beaucoup l’ouverture desponts en pierre exécutés avec tout le perfectionnement denos arts modernes.
De l’Amérique septentrionale, celte belle application futbientôt transportée et naturalisée en Europe * ; elle devaitl’être sur notre continent, par le peuple le plus avancé dans lesgrands travaux où le fer entre comme élément principal.
11 y a quatre-vingts ans , les Anglais avaient jeté sur la Tees,à Winch près de Durham , un pont eu fil de fer, qui servait aupassage des piétons. Dans le siècle actuel, avec des chaînes ac-colées , portant des traverses et des madriers longitudinaux, ilsont construit des ponts sur lesquels des ouvriers purent conduireleurs brouettes chargées. Tels étaient les ponts établis sur deschaînes de fer, et dirigés d’une colline à l’autre, pour le transportdes terres enlevées de dessus les massifs de marbre qu’on faisaitensuite sauter à la mine , afin d’en former la grande jetée onBreakwater de Plymouth **. Ces travaux, que j’ai le premier
* Depuis long-temps, les Européens avaient eu l’idée des ponts suspendus, commeon le voit parles ponts décrits dans l’ouvrage que Faustus Verentius publia en idîS.
** Voyez Mémoires sur la marine et les ponts et chaussées de France et d'Angleterre >et T'oyages dans la Grande-Bretagne : Force navale, t. II.