VOIES PUBLIQUES. iq3
frappé mes regards : au milieu d’une végétation vigoureuse,et conservant encore toute sa fraîcheur , des tourbillons deflamme et de fumée, éruptions perpétuelles des cratères del’industrie; les hauts-fourneaux, les forges, les fours à chaux, etles amas d’une houille embrasée pour devenir, par l’ignitionmême, un combustible parfait ; des usines, des maisons deplaisance, des villages, érigés en amphithéâtre, sur les flancsde la vallée ; dans le fond, un rapide torrent ; au-dessus, lepout-canal offrant son enveloppe de fer, posée, comme parenchantement, sur de hauts et minces piliers, d’une élégante etsimple architecture : et ce magnifique ouvrage, fruit de l’heu-reuse audace d’un de mes amis ! Perdu dans la contemplationde ces beautés de l’art et de la nature, qui, par les dégrada-tions d’une lumière mourante , variaient à chaque instantleur aspect, je suis resté comme en extase, jusqu’au momentoù la fin du crépuscule me força de m’éloigner pour chercherun asyle , à quelques Milles de distance. Voilà ce que j’ai vu ,ce que je ne puis rendre, sans le dépouiller des charmes de laréalité, et ce qui néanmoins , malgré le temps et l’absence ,fait encore battre mon cœur, au souvenir des émotions queproduisit en moi ce magique tableau. » ( Mémoires sur la ma-rine et les ponts et chaussées de France et d’Angleterre .)
Canal de Shrewsbury. Son utilité s’étendra beaucoup,lorsqu’on aura terminé le canal d’Ellesmere; maintenant ilsert à porter du charbon fossile, à Shrewsbury, ville commer-çante et manufacturière, peuplée de vingt mille habitans ,enrichis par le double trafic opéré sur la Séverne et sur lesroutes principales de Birmingham et de Londres à Dublin.
En quittant Shrewsbury pour suivre la ligne du canal, ons’avance vers l’est, on passe d’abord une galerie souterraine,longue de 887 mètres. Après avoir parcouru 19 ÿ kilomètresjusqu’à Langdon, on traverse la Terne sur un pont-aqueducV. 2 5