178 FORCE COMMERCIALE,
bilans, est l’endroit où se croisent plusieurs navigations très-opulentes. Là vient aboutir le canal latéral de la Mersey etde l’Irwell, par lequel on évite, dans une grande étendue, deremonter péniblement le lit naturel de ce fleuve et de cetterivière, pour aller à Warrington et à Manchester *.
Les bateaux employés sur les canaux qui débouchent àRuncorn , sont halés par des chevaux ; ils sont fort-longs,étroits, plats, à Cotés verticaux. Leur pouppe et leur prouesont taillées en coin, à faces bombées. Les bateaux dont onfait usage sur les divers canaux de l’Angleterre, ont presquetous une forme pareille à celle que nous venons d’indiquer.
Si le canal du duc de Bridgewater est remarquable par labeauté et l’originalité de ses ouvrages d’art, il 11e l’est pasmoins pour nous, par l’esprit d’ordre et d’économie qui di-rigea l’exécution des travaux. Les matières premières étaientprises dans les carrières, dans les mines, et dans les bois duDuc. 11 n’avait pour ainsi dire à payer que la main-d’œuvre,et l’ingénieur Brindley savait la rendre aussi peu coûteuseque possible. A mesure qu’on avançait dans l’excavation ducandi, la partie déjà rendue navigable servait pour amenerles matériaux nécessaires à la continuation de l’entreprise.Chaque bateau qui conduisait les pierres et les bois, était enmeme temps un atelier pour les ouvriers employés à les taillersuivant les formes convenables : on évitait ainsi tout encom-bi’ement sur le lieu des travaux, toute perle de temps, et touteperte de main-d’œuvre. Espérons que les C' es . instituées enFrance, pour l’exécution des canaux, imiteront cet exempled’une économie intelligente 5 elles en seront récompensées parle même succès, et leur opulence sera le fruit de leur sagesse.
* Ce canal a, comme Celui du duc de Bridgewater, i miL 5 de profondeur d’eau; il sertà des bateaux qui, chargés, tirent Il débouche à Runcorn , dans un long bassin,
large de 6 mètres, et qui contient 3 mètres de hauteur d’eau.