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VOIES PUBLIQUES. 173
l’Irwell, avec 12 mètres de dénivellation, entre les eaux du canalet celles de la rivière. Le pont-aqueduc qui remplit cet objetcommence à 5 kilomètres du bassin de départ. Il a 186 mètresde longueur et 11 de largeur 5 il est bâti en grandes pierres detaille, unies par des crampes de fer, scellées avec du plomb.Dix mois ont suffi pour la complète exécution de ce beau pont.Il est porté sur trois arclies principales. Les barges qui na-viguent sur l’Irwell, passent avec leur voile déployée, sousl’arche du milieu : cette arche a 19 mètres d’ouverture.
A chaque extrémité du pont-aqueduc, un déversoir règlela hauteur des eaux qui, par-là, ne peuvent jamais , en haus-sant leur niveau, inonder les propriétés avoisinantes. De meme,à chaque extrémité du pont, et dans quelques autres endroits oùla rupture des levées est le plus à craindre, on a placé des portesde sûreté. Elles sont établies par paires, afin d’arrêter l’eauen sens opposés. A cet effet, on les tient couchées presquehorizontalement , et en pentes contraires. Chacune peut tour-ner sur un axe horizontal, gisant au fond du canal. Ainsi,dans l’état habituel de la navigation, les portes sont immergées,et les bateaux passent dessus. Si la levée du canal vient à serompre quelque part, les eaux prennent aussitôt, de droite etde gauche, un courant vers l’endroit de la rupture ; elles soulè-vent alors la porte de sûreté la plus voisine, qui doit s’opposer àl’écoulement du fluide, vers chacune de ces directions. On voitpar-là qu’il ne peut jamais y avoir de perdu, lors d’une tellerupture, que la masse des eaux comprises entre deux portesconsécutives ; ainsi les inondations ne sauraient être, ni très-vastes , ni très-dangereuses. L’effet d’un semblable moyen estd’autant plus important, que le canal a plus d’étendue surun même niveau. Or celui du duc de Bridgewater, ayant,sans montée ni descente, au delà de vingt lieues en longueur,exigeait impérieusement qu’on prît de semblables précautions.