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VOIES PUBLIQUES. i63
et de former de nouvelles lignes de navigation, pour passerd’une vallée dans une autre, en francliissant les chaînes decollines et de montagnes par lesquelles la nature a séparéces hassins. Les Français, comme nous l’avons déjà di t,ont été les premiers qui aient offert aux nations modernes,l’exemple de cette belle conception : c’est ce qu’ils ont fait enconstruisant le canal de Briare.
Les Anglais ne sont entrés que fort tard * dans la carrièredont nous montrons les progrès. Mais, par la grandeur et lamultiplicité de leurs entreprises, ils se sont placés à la tète despeuples qui la parcourent avec le plus de gloire.
Ce qui augmente encore l’admiration qu’on doit conce-voir pour le nouveau système de leurs voies hydrauliques,c’est qu’il est établi dans un pays que traversent une grandechaîne de montagnes, et de nombreux contreforts qui se pro-longent au loin par des collines plus ou moins élevées ; dans unpays qui, par conséquent, présentait à vaincre des difficultésqu’on n’avait pas à surmonter dans la Lombardie, les Pays-Bas et la Hollande : seules contrées qui, pour le nombre deleurs canaux, puissent être comparées avec l’Angleterre.
La grande chaîne dont nous parlons est traversée par vingtet un canaux, afin de réunir les cours opposés des rivièresqui se déchargent dans l’océan Germanique, et dans la merAtlantique ou dans la mer d’Irlande.
Pour abaisser les points de partage au-dessous des cols élevésqu’il fallait franchir, et rester dans les régions où l’on peutamener les eaux en quantité suffisante, ces canaux ont exigé lapercée de quarante-huit souterrains dont la longueur totale
* Le premier exemple remarquable d’un canal latéral propre à la navigation, dansla Grande-Bretagne est celui de la rivière Sankey, qui débouche dans la Mersey; cecanal dont la conception ne date que de 1755 , fut terminé en 1760. L’entreprise du ducde Bridgewater, c’est-à-dire, le premier canal qui traversât des vallées et des coursd’eau naturels, ne date que de cette dernière époque.