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préjuges qui la repoussent au premier abord ; elle finira partriompher, chez tous les peuples industrieux et très-éclairés.Dans les pays où prospèrent les arts utiles et le commerce,des canaux seront tôt ou tard établis le long des divers coursd’eau naturels, dont la marche est irrégulière et rapide. Nousadopterons ce système. Déjà nous voyons entreprendre uncanal parallèle à la Loire ; espérons qu’on exécutera de mêmedes tranchées latérales au Rhône, à la Durance, à la Ga-ronne, elc. Mais, c’est dans le riche et beau bassin de laSeine, qu’il serait surtout important d’ouvrir un pareil canalafin d’aller avec de grands bâti mens, du Havre et de Rouenjusqu’à Paris. Rien ne devrait être épargné pour une telle en-treprise qui donnerait en même temps à ces trois villes , desmoyens nouveaux de richesse et de prospérité. Des navires defortes dimensions pourraient, en évitant les sinuosités et leslongueurs du fleuve, arriver avec rapidité jusqu’au pont d’iéna,dans un vaste port qu’on ouvrirait auprès du Champ-de-Mars.Cette seule entreprise suffirait, peut-être, pour changer lesdestinées commerciales et maritimes de la France. Appelonssur elle l’attention de tous les amis de notre puissance natio-nale. Ne craignons pas nous-mêmes de reproduire à plusieursreprises quelques vues déjà présentées par d’autres personnes.11 est des travaux utiles qu’on ne fait exécuter, qu’en ré-pétant à la fin de chaque preuve, et d’une voix infatigable :donc il faut les construire. Ainsi l’on frappe les esprits ;ainsi l’on.parvient à sou but, comme autrefois cet opiniâtresénateur, qui finissait tous ses discours, en prononçant cesmots sur la ville de Carthage : donc il faut la détruire .
Revenons aux ouvrages qui servent à la prospérité du com-merce des peuples.. Une idée plus hardie encore que celle deremplacer les cours d’eau naturels par des canaux parallèles,était l’idée de quitter la direction donnée par ces cours d’eau,