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5,3 (1824)
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161
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VOIES PUBLIQUES. 161

Les travaux imaginés , dès lorigine , pour améliorer la navi-gation des cours deau naturels ne remédiaient que fort impar-faitement aux difficultés j il se formait des bancs dalluvionsau-dessous des barrages et des pertuis ; les rivières dont on al-térait létat primitif, changeaient avec rapidité la forme deleur lit : maintes fois les débordemens détruisaient les dieues

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et les autres constructions. Dans tous les temps, on trouvaitlong et difficile de remonter, au moyen dun balage tortueuxet fatigant. Ces difficultés donnèrent lidée dabandonner lelit même des cours naturels, et de creuser, dans une directionparallèle, des lits artificiels les eaux seraient tenues de ni-veau par des écluses.

On admire lingénieuse définition que Montaigne a donnéedes rivières, en les appelant des chemins qui marchent. Onsextasie sur lavantage davoir ainsi des chemins qui voya-gent y mais cet avantage , très-réel en effet, lorsquon va dansle sens même du courant, devient un inconvénient grave lors-quon va dans un sens contraire. De sorte quà tout prendre,il vaut encore mieux se ménager les moyens de venir et dallersur des eaux tranquilles, que sur des eaux courantes.

Les Anglais sont aujourdhui pénétrés de cette grande vé-rité que le célèbre Brinkley, lingénieur du duc de Bridgewater,leur a le-premier démontrée, par ses préceptes et par ses tra-vaux. Cet habile ingénieur, appelé devant un comité de lachambre des communes, au sujet dun canal quon,proposaitdexécuter, soutenait vivement Futilité du projet ^(quoiquela proximité dune rivière semblât rendre superflue toute na-vigation artificielle. Pour quel objet pensez-vous donc, lui ditun membre du comité, que la Providence ait créé ces nom-breuses et belles rivières dont elle a gratifié lAngleterre ?... Cefut , répondit Brinkley, pour alimenter des canaux.

Cette pensée hardie , mais juste , surmontera par degrés les

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