VOIES PUBLIQUES. 147
matériaux neufs avec les anciens : de même qu’on repique les murs en pierreauxquels on veut faire adhérer un nouvel enduit de plâtre ou de ciment.
Tant qu’une route mise à neuf n’est pas bien consolidée , les voitures y fontdes ornières plus ou moins profondes. Pour remédier à cet inconvénient, unouvrier attentif s’occupe, dans les premiers temps, à combler avec un râteaules traces imprimées par les roues des voitures *.
Après que les plus fortes pierres , réduites en gros quartiers avec desmassues, ont été rangées en petits tas, pour les concasser en fragmens de17 hectogrammes au plus, des femmes, des enfans, ou des hommes incapablesd’un travail pénible, s’asseoient auprès , et travaillent avec de légers marteaux.
L’usage de ces petits marteaux et la position commode des ti’availleurs , ontfait baisser le prix du brisement des pierres. Aujourd’hui, pour réduire un ton-neau de grosses pierres, en morceaux qui ne dépassent pas 17 hectogrammes, ceprix ne s’élève qu’à 10 ou 12 deniers sterl. On payait moitié plus ** et mêmeune fois plus *** , pour casser de grosses pierres , suivant l’ancienne manière,en morceaux de 57 hectogrammes, qu’on ne paie aujourd’hui pour les concasseren petits fragmens de 17 hectogrammes. Il y a plus , les ouvriers ont un granddésir d’être employés, même à ce prix réduit, attendu que le travail avec desmassues est exécuté par les hommes; tandis que le travail, avec de légers mar-teaux est aisément exécuté par les femmes et les enfans ; de sorte qu’une familleentière peut trouver à gagner sa vie , en faisant un ouvrage aussi bien réparti.
Dans l’énumération que M. Macadam présente, des avantages de son sys-tème , il fait observer que la quantité de pierres nécessaires aux routes, estdiminuée. C’est une source d’économie, qui porte spécialement sur les che-vaux et les voitures cpii servent à transporter ces matériaux. La majeure partiedes sommes dépensées revient aux ouvriers de tout âge et de tout sexe ****.
* Il est intéressant de connaître combien coûtent les travaux [que nous venonsde décrire. Pour refaire une route raboteuse, casser les grosses pierres qui l’ob-struent, et replacer ces pierres concassées , nettoyer les égouts, en un mot, rendre laroute comme neuve, la dépense varie de i à 2 deniers sterlings par quarré de 3 piedsanglais de côté; ce qui fait à peu près de 14 à 28 centimes par mètre quarré de routedéfoncée à 1 décimètre de profondeur. Cette variation de prix dépend de la quantitéplus, ou moins grande des pierres qu’on est obligé de briser. À 28 centimes par mètrequarré, une route de 6 mètres de largeur coûterait 1 fr. 68 centimes par mètre cou-rant, et 1,680 francs par kilomètre.
** Dans les environs de Bristol.
*■** Dans le comté de Sussex.
**** Par exemple, dans le district de Bristol, la réparation des routes, qui coûtaitjadis trois fois plus pour le travail des chevaux que pour le travail des hommes, coûte