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5,3 (1824)
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141
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VOIES PUBLIQUES. 141

Quand jai visité lAngleterre, dans les endroits le cliar-bon-de-terre ne noircissait pas les murs de manière à leurdonner promptement laspect de la vétusté, jétais toujourstrompé par les apparences. Les édifices étaient si propres àlextérieur, jy retrouvais si peu les dégradations qui partoutailleurs décèlent le vieil âge des monumens, que je croyaisrécentes toutes les constructions : je ne pouvais-revenir de masurprise , lorsque je minformais ensuite de leur ancienneté. .

Il faut avouer quun si soigneux entretien ne produit pas, danslarchitecture dun peuple , ces pittoresques effets que présenteà lamateur des beaux-arts, une demi-dégradation des fabri-ques et des travaux publics. En Angleterre, les œuvres de lanature et les œuvres de lart sont parfaitement séparées. Ainsila végétation, brillante dans les champs , est sévèrement pro-scrite sur les murs , les toits et les créneaux , même des palaisgothiques. Si lon excepte quelques débris des temples et desmonastères, derniers vestiges dun culte aboli depuis troissiècles, il ny a de ruines que les ruines postiches élevées surdes pelouses bien passées au cylindre , ou sur des tertres bienSoigneusement sablés. Ces fabriques tombantes sont bâties avecla solidité quun père de famille apporte chez nous , quand ilbâtit pour ses enfans ; elles sont entretenues avec autant desoin quon en a mis à les construire. Que le spectateur setranquillise à leur égard ; il peut être certain que ces ruinesauront toujours au même degré lair de sécrouler.

Mais il est un intérêt dune toute autre importance que levain plaisir quon éprouve à contempler cette lutte perpé-tuelle entre les attaques du temps et les résistances de lhomme.Cest de voir, dans la Grande-Bretagne , les édifices , les ma-chines et les instrumens , toujours tenus dans un état si par-fait , quils peuvent à chaque instant rendre tout le servicepour lequel ils ont été créés. Daprès le même esprit, dans toute