VOIES PUBLIQUES. 19.3
vaises herbes qui croissent sur les bas côtés de ces larges routes,propagent leurs graines dans les champs contigus. Ils vou-draient qu’on vendît des lisières enlevées de droite et de gau-che, aux parties de la voie publique qui présentent un excès delargeur. On diminuerait par-là les frais d’entretieu ; on ren-drait des terres à la culture; on aurait des emplacemens oùl’on bâtirait pour les cantonniers , de petites maisons souventutiles aux voyageurs. On se réserverait, hors de la route, desréduits suffisamment espacés, pour y déposer les matériauxnécessaires aux travaux d’entretien.
Les routes doivent être plus larges et plus solides dans leslieux les plus fréquentés ; par exemple, aux approches de lacapitale, des villes manufacturières ou commerçantes, et desports de mer. Enfin , nulle part, le chemin 11 e doit êtretellement resserré qu’il gêne ou rende difficile le croisementdes voitures , comme il arrive encore dans un trop grand nom-bre d’endroits de l’Angleterre.
On remarque , en effet, les inégalités les plus choquantesdans la largeur des routes de ce royaume. Tandis qu’auxenvirons de la capitale, ainsi qu’aux abords des princi-pales villes, les routes ont (suivant la règle citée) i8 mèl ,5 delargeur; très-souvent, à peu de distance des mêmes villes,cette dimension se trouve réduite à 5 miL ,5. Avant que laroute de Londres à Holyhead , eût reçu ses grandes et récentesaméliorations , plusieurs parties ne présentaient pas même unelargeur de 4 mètres *. Il faut cependant remarquer que l’ex-cellente police observée dans la rencontre des voitures, et dansle soin de tenir la voie publique libre sur toute sa largeur,permet aux Anglais d’avoir, sans inconvénient, des routes
* Quand la largeur des principales routes ne dépasse pas 6 mètres , les Anglais obser-vent que la rencontre des voitures accélérées et des troupeaux nombreux, produitdes embarras, des retards inévitables, et souvent même de graves accidents.