VOIES PUBLIQUES. 117
quelques années, le parlement s’est occupé du soin de remédieraux abus dont nous parlons.
Afin de hâter et d’assurer les perfectionnemens qu’il estpossible d’apporter au tracé des routes , ainsi qu’à leur struc-ture , les hommes les plus instruits qui ont écrit sur ce sujet,voudraient que l’on créât de temps à autre , des inspecteurs quivisiteraient les principales routes, et qui proposeraient les rec-tifications utiles au public. Un Acte du parlement sanction-nerait ces propositions, et les magistrats des paroisses les fe-raient exécuter par les inspecteurs de communes.
Pour nous qui possédons un corps d’inspecteurs généraux,qui réunit le savoir à l’indépendance, nous pouvons atteindre ,par l’extrémité opposée, le moyen terme où les Anglais vou-draient arriver comme au but de la perfection. Il suffit pourcela d’attacher aux divisions territoriales, des ingénieurs quisoient désormais identifiés avec les intérêts des circonscrip-tions dont les travaux leur sont confiés. C’est ce dont nousavons proposé les moyens, dans le P r . livre, pp. 18 à 20.
Les Anglais, avons-nous dit, seraient fâchés d’avoir desroutes qui, partout, fussent exactement horizontales. Des routesparfaitement droites, quelle qu’en fût la pente, -leur déplai-raient encore davantage. 11 est facile de justifier cette aversion,que les Français ont peu partagée jusqu’à ce jour. Tant qu’uneroute sinueuse ne forme pas avec sa direction générale, unangle considérable , la route directe est de fort peu plus courteque la route sinueuse. Par conséquent, celle-ci n’occasionnequ’un petit excès de dépense pour sa construction et pour sonentretien; elle n’exige qu’un faible surcroît de temps et defoi’ce, pour opérer les transports. On peut d’ailleurs faireservir ces légères déviations , à l’agrément des paysages : demanière à ce que la route devienne un embellissement pourle pays ; et que le pays lui-même soit montré, dans tout son