VOIES PUBLIQUES. 109
tlifices dont se compose une cité. Cette végétation contribue,d’ailleurs, à purifier l’atmosphère ; elle absorbe une grandepartie des eaux pluviales, et diminue la masse des eaux qu’ilfaut faire écouler par des égouts dispendieux. Les jardins desplaces publiques sont ouverts seulement aux propriétaires desmaisons environnantes , qui en paient l’entretien. Ainsi la citén’a pas même à sa charge une dépense qui contribue à la ren-dre, en même temps, et plus belle et plus salubre. Quand onbâtit de nouveaux quartiers, on a toujours soin d’en grouperles percées autour de ces places décorées par l’art et par lanature \ des plans d'agrandissement sont tracés d’avance, et lesparticuliers sont obligés de s’y conformer. Lorsque nous don-nerons une idée des travaux de la ville neuve d’Edinburgh, nousciterons un exemple remarquable de cette sage prévoyance *.
Parlons maintenant de la superficie même de la voie publique.Dans l’origine, on a formé les routes destinées aux voitures,en élargissant les sentiers suivis par les chevaux, puis en je-tant , sur le chemin , du gravier tiré des terres avoisinantes.Jusqu’en ifi/p, les rues mêmes de Londres étaient revêtuesainsi. On assure qu’on voit dans les archives du parlement,
* Comment se fait-il que , dans la Cliaussée-d’Antin presque toute bâtie depuisle milieu du siècle dernier, l’autorité publique, si habile à tant de choses, n’ait paseu l’idée de tracer une seule place digne d’orner celte belle partie de notre capi-tale ? Quel effet magnifique aurait produit, par exemple, une place régulière et spa-cieuse , ornée de verdure et de fleurs, et située au croisement des rues du Mont-Blancet de Saint-Lazare! Ne pouvait-on pas en établir une autre, également bien située, surl’axe de la rue de Richelieu? C’est surtout au débouché des ponts les plus fréquentés,comme à la rencontre des principales rues, qu’il faudrait tracer des places nouvelles.Il est juste de dire que Paris a beaucoup gagné sous ce point de vue, depuis la révolution.Les places du Châtelet, de Saint-Sulpice, de la Bastille, du Carrousel, voilà des embel-lissemens qu’il faut citer comme des modèles. Cependant aucune de ces places n’est encoreentièrement déblayée; non plus que la magnifique enceinte formée par les Tuileries , leLouvre et les galeries latérales; enceinte digne, par sa grandeur, des monumens deSésostris et de la gloire de Tlièbes. Enfin, dans toutes nos cités, des améliorations im-portantes pour la salubrité, pour la facilité, pour la sûreté des communications, restentà produire. Elles doivent être, pour nos magistrats, l’objet d’une généreuse émulation.