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liers ne pourraient donner le moindre ombrage , même au gou-vernement le plus soupçonneux. Leurs assemblées n’auraientaucun des inconvéniens que présentent ces réunions privéesoù l’on agite, sans caractère légal, des questions politiques.Elles en auraient tous les avantages ; elles formeraient leshommes à la délibération, à la discussion ; elles leur appren-draient à présenter leurs idées avec clarté, avec facilité ; ellespermettraient à chacun de bien juger l’esprit, la raison , l’ex-périence des citoyens qui, forts de leur zèle et de leurs talens,voudraient se mettre en évidence, et gagner par de vrais ser-vices , les suffrages de leurs compatriotes.
Lorsqu’ensuite nos assemblées électorales auraient à nom-mer des mandataires, pour soutenir nos plus graves intérêts ,l’opinion publique serait déjà fixée sur des hommes qu’au-raient fait distinguer la supériorité de leur intelligence , la droi-ture de leur gestion dans les affaires locales, la maturité de leurexpérience et de leur jugement, enfin, l’avantage précieux desavoir présenter des idées justes et des vues élevées, d’une ma-nière facile , claire et puissante. Les choix, au lieu d’être lefruit du hasard et du caprice , ou le résultat des vaines renom-mées, la récompense du partage et le salaire d’une ignare suf-fisance, seraient le noble prix de services déjà rendus, accordécomme un moyen d’en rendre de plus grands encore.
Qu’on me pardonne de m’étendre aussi longuement surdes intérêts relatifs à la France, dans un ouvrage qu’on a pu necroire consacré qu’à la seule Angleterre. Je suis au contrairedirectement dans mon sujet, quand je parle de l’intérêt directde mon pays. Je n’y suis que par une conséquence secon-daire, quand je cherche en quoi nos rivaux, qui d’abord se traî-naient sur nos pas, ont pris l’avance, et nous laissent la tâchede les dépasser à notre tour. Alors j’étudie et je dis ce qu’afait l’étranger, comme si je parlais de la France future.