VOIES PUBLIQUES. 87
rendre un service immense aux administrés : ce serait d’inviterles propriétaires principaux des vallées et des plaines que l’ondésire faire traverser par des canaux, à se réunir pour discuteret calculer, de concert, les avantages de ces utiles créations.D’autres réunions , formées également sur l’invitation de l’au-torité publique, par les négocians et les fabricans les plus ha-biles , montreraient sous un nouveau jour, les avantages res-pectifs de la propriété territoriale ou manufacturière, et ducommerce limitrophe ou du commerce éloigné. Enfin les éva-luations de dépense, faites par le corps éclairé des ponts etchaussées , mettraient à la fois les propriétaires, les commer-çans, les manufacturiers et les capitalistes , en état de balancer,d’une part, les dépenses portées au maximum d’évaluation ■de l’autre, les recettes et les bénéfices supposés au minimumde leurs produits présumables. On imprimerait, on répandraiten tous lieux, les résultats de ces recherches et de ces délibé-rations ; on accorderait un noble tribut d’éloge aux travauxles plus remarquables par la sagacité des aperçus, et par la pré-cision des calculs. La masse des citoyens prendrait une pleineet juste confiance en des évaluations dues à l’élite des citoyens;et les souscripteurs ne manqueraient jamais à des entreprisesdont l’avantage public et particulier serait démontré par lessuffrages de la partie la plus riche et la plus éclairée des pro-priétaires et des industriels .
Par-là, non-seulement on donnerait à beaucoup d’individus,le moyen d’accroître leur fortune ; mais on sèmerait dans les têtespensantes, les germes précieux d’un esprit de calcul et d’associa-tion , qui fait voir l’avantage de chacun dans les travaux d’uti-lité générale ; qui accoutume des concitoyens à se communiquerleurs observations, leurs vues et leurs projets; qui dirige leursjugemens par les lumières de la discussion. En se réunissantpour délibérer sur des intérêts purement matériels, les particu-