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11ale épuisaient toutes les ressources qu’on aurait pu trouverpour les travaux publics utiles au commerce, prenons uneépoque paisible et florissante. Depuis la fin de la guerre, dansla plus grande prospérité de nos finances, le gouvernementn’a pas cru pouvoir affecter annuellement à ces travaux, plusde 3i millions : somme insuffisante à leur simple entretien.Pour entreprendre lui-même ou pour achever des canaux, ila dû créer une dette extraordinaire, par un emprunt onéreuxdont il payera les intérêts jusqu’au remboursement final. Quepourra-t-il donc faire en temps de guerre? et surtout si lalutte se prolonge, si elle a des revers entremêlés de succès, sielle exige de grands saci’ifices? Obligé qu’il sera d’économisersur les dépenses consacrées aux entreprises utiles dans l’inté-rieur , il retranchera de la somme déjà si modique, affectéeaux ponts et chaussées \ ces travaux dépériront de plus en plus,et leur dépérissement ajoutera nécessairement aux fléaux dont,alors, seront frappés notre commerce et notre industrie. Onpréviendrait ces malheurs , en confiant par degi’és les travauxpublics , à des associés dont l’intérêt et les soins , en guerrecomme en paix, seraient tout entiers consacrés au parfait en-tretien d’ouvrages devenus leur espoir et leur richesse.
Après avoir examiné tout l’avantage que le gouvernement etla société, en général, retirent du système des travaux publicsexécutés par concession, revenons sur les avantages qu’en reti-rent les particuliers. Dans la Grande-Bretagne, on est frappédu nombre considérable d’individus qui se présentent pourl’entreprise de chaque nouveau canal : ils sont souvent plus dedeux cents actionnaires \ et, pourtant, la plupart ne sont pointcapitalistes. Dans tous les environs de la voie navigable qu’ils’agit d’ouvrir , les propriétaires de terrains, de mines et defabriques, calculent en premier lieu, d’après les débouchés quileur sont offerts, la vente plus étendue et la valeur plus élevée