VOIES PUBLIQUES. 85
de leurs produits d’agriculture et d’industrie ; avantages, eneffet, Lien supérieurs aux bénéfices cpie la plupart d’entr’euxpeuvent espérer comme actionnaires du canal projeté. Voilàl’heureux esprit de prévoyance et de calcul, dont il importede donner l’habitude et le goût à nos propriétaires.
On se plaint en France que les fortunes sont trop petites ;on croit qu’en Angleterre toutes les lois ont pour but de fa-voriser la grande propriété. Eh bien ! sur le sujet qui nousoccupe , les lois anglaises ont tout fait, au contraire, en faveurde la petite propriété. Non-seulement tout individu qui pos-sède un capital de 2,5oo fr. peut devenir actionnaire d’un pont,d’un canal, ou d’un bassin} mais, quand il n’aurait que lamoitié , que le quart, et même que le huitième de ce petit ca-pital , il pourrait encore devenir propriétaire d’une portionde ces travaux publics. Cette admirable loi semble conçue pourla France. En l’adoptant, sachons proportionner le taux desactions , à la modicité de nos fortunes, ainsi qu’à la valeur del’argent plus grande chez nous que chez les Anglais. Qu’avec3oo fr., qu’avec 200 fr. seulement, on puisse être membred’une C i0 . de travaux publics. Formons des associations de5oo, de 1,000, de 2,000 petits capitalistes, et d’un plus grandnombre si nous le pouvons. Ayons aussi pour ce genre d’in-dustrie , notre petit-grand-livre, comme nous l’avons pourles placemens sur nos fonds publics. Alors nous intéresseronsà la bonne construction, au parfait entretien de nos voies com-merciales , les grandes , les moyennes et les petites fortunes.
Aujourd’hui, quand il s’agit d’acquérir des terrains pour lestravaux publics entrepris au compte du gouvernement, nosadministrateurs se plaignent, avec raison, qu’il est impossiblede trouver des arbitres qui n’élèvent pas au taux le plusexorbitant, l’estimation de ces terrains. Il semble qu’unesomme ravie au trésor de l’état, soit toujours autant de pris