8-2 FORCE COMMERCIALE,
gleterre , pour la construction des ponts. Concédons des péagesqui cesseront de droit quand, tous frais payés, le surplus durevenu, placé dans les fonds publics , aura produit un capitaldont l’intérêt suffise à l’entretien des ouvrages.
M. Cordier s’élève avec force contre les entraves que l’au-torité militaire apporte à tous les projets de navigation , dansles nombreux départemens qui forment l’enceinte de la France.Voici l’analyse de ses idées sur cet objet important :
Lorsque l’ingénieur en cbef de quelque département frontière,a fait un projet de route , de pont, de canal ou d’écluse , etc.,il faut d’abord envoyer ce projet au colonel du génie mili-taire , dans la direction duquel les travaux proposés doivents’exécuter. Mais, comme il n’existe aucun rapport entre lacirconscription départementale et celle des places de guerre,le même colonel du génie militaire est souvent obligé dediscuter un projet avec les ingénieurs des ponts et chaus-sées de deux ou trois départemens ; et réciproquement, unmême ingénieur des ponts et chaussées est lorcé de défendreson projet contre deux ou trois directeurs des fortifications.Or ces chefs, parfaitement indépendans, ne voyant chacunque leurs attributions respectives, et jugeant d’après leurs con-naissances spéciales, ne s’entendent presque jamais. On en réfèreaux comités de Paris, suivant l’usage. C’est donc là que s’établitla lutte des prétentions; c’est là que, sans connaître le terrain,ni les localités, on décide irrévocablement sur des projetsauxquels l’auteur ne s’était arrêté qu’après des observations etdes méditations profondes , et des calculs faits à loisir, en lut-tant sur les lieux mêmes contre toutes les difficultés des sites...
Ces inconvéniens se font sentir à toutes les époques, parcequ’ils tiennent à des institutions permanentes. Dans les tempsde trouble et de guerre , il est un autre fléau qui frappe nostravaux publics, et qui chez les Anglais ne saui'ait avoir une