VOIES PUBLIQUES. 81
réclament hautement et puissamment justice en sa faveur ?
Mais il faut, pour arriver à clc grands résultats , briser lesmille chaînes dont les gouvernemens du consulat et de lempir-eont, par degrés, enveloppé les membres et le corps de l’état *.
Depuis 1800, époque à laquelle tous les pouvoirs ont étéconcentrés dans Paris, les administrations départementales etmunicipales, n’ont pas conservé le droit de prendre la moindredécision essentielle. Non-seulement pour des ouvrages neufs,d’une médiocre valeur et d’une importance toute locale, maispour les plus légères réparations, il faut rédiger des projets ,calculer des devis, les adresser au ministère, attendre une ap-probation tardive, chercher un entrepreneur; traiter; et faireensuite approuver l’adjudication ou la soumission. Que résulte-t-il de ces délais nombreux et prolongés? Les dégradations aug-mentent;, les frais indispensables croissent de plus en plus, jus-qu’à dépasser les moyens de subvenir aux dépenses. Alors ar-rivent , la chute des ponts et des écluses, l’interruption totalede la navigation et du commerce, la diminution du revenudes canaux ; alors, enfin , ce peu de revenu qu’on touche en-core ne sert plus qu’à couvrir incomplètement des frais qu’ileût été facile d’éviter. On obvierait à ces inconvéniens , en con-cédant à des associations particulières, la construction, l’en-tretien et la propriété des canaux : ce qu’on commence à faire.
Regrettons-nous d’aliéner, en faveur de quelques individus,un bien qui pourrait être rendu propriété libre et gratuite pourtous ? — Adoptons un système employé maintes fois, en An-
* Nous ne pouvons mieux faire, à cet égard , que de renvoyer aux ouvrages déjàcités de MM. de Laborde et Cordier. Ce dernier, en traitant plus spécialement du sujetqui nous occupe, attaque avec un noble courage le chaos des lois et des décrets,tristes et honteux débris de dix gouvernemens qui tous érigés avec des ruines, ontdû leur naissance à l’impéritie, à l’arbitraire, à l’injustice des administrations quiles ont précédés. M. Cordier montre aussi quel nouveau rôle plus actif et plus utilepour eux, comme pour le bien public, les ingénieurs des ponts et chaussées devraientjouer, dans la conception et la direction des travaux exécutés par des compagnies.
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