VOIES PUBLIQUES. 33
érigées sur les routes. Il fallut employer la force militaire, afinde contraindre les habitans à respecter un moyen de rendrela voie publique plus praticable, pour leur propre convenanceet leur propre bénéfice!... En France, durant la révolution, legouvernement voulut établir aussi des barrières sur nos gran-des routes ; et le peuple se souleva pareillement contre un telsystème. Mais le Directoire Exécutif n’eut pas la fermeténécessaire pour maintenir cette utile innovation qu’il faudraitaujourd’hui reproduire, et surtout soutenir avec énergie.
Cent dix ans après l’établissement des barrières sur lesroutes de la Grande-Bretagne, le parlement a jugé nécessairede réunir en un seul Acte (i3°. Geo. III. cli. 84 ) toutes les loisportées sur cet objet. Des dispositions postérieui'es ayant mo-difié beaucoup de mesures établies par la loi générale, il de-vint nécessaire de la refondre en entier. C’est ce qu’on fit en1820, 1821 et 1822. Dans cette dernière année parut le statut3 e . Geo. IV, dont le chapitre 126 comprend tout ce que l’ex-périence a fait connaître de plus avantageux pour la régie desroutes à barrières. Nous allons citer les mesures de cette loinouvelle, qui diffèrent de celles que nous avons fait connaître,au sujet des routes libres.
D’après ce grand principe de la constitution d’Angleterre,qu’aucun impôt ne doit être perçu sans le consentement dupeuple même, ou de ses mandataires, il est impossible d’établiraucun droit de péage sur la voie publique, sans l’autorisationformelle du parlement.
L’Acte législatif qui spécifie la perception d’un semblabledroit, et qui transforme une route libre en route à barrières ,met la recette et l’emploi des fonds provenant des péages, sousla surveillance et la direction d’un certain nombre de cura-teurs appellés trustées , personnes de confiance. Ces curateursexercent gratuitement des fonctions honorifiques. Ils formentV. 5