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en chef de leur département, et le ministère se réserverait la nomination desinspecteurs généraux.
Les compagnies des ponts et des canaux pourraient choisir en liberté , danstous les grades , les ingénieurs les plus habiles et les plus célèbres qui con-viendraient à leurs projets , et qui consentiraient à s’en charger.
Ainsi, partout, les intéressés à la bonne confection , au parfait entretien dechaque espèce de travaux , exerceraient une influence directe et constante surles ingénieurs. Ils entretiendraient le zèle de ces officiers , en excitant leurémulation par la perspective d’un avancement fondé sur leur seul mérite.
On donnerait d’ailleurs au ministère le droit de destituer tout ingénieurqui n’entretiendrait pas les routes avec l’intégrité, l’activité ou l’intelligencenécessaires ; mais la destitution ne pourrait pas être arbitraire. Il faudrait pourqu’elle eût lieu, qu’un jury composé, par exemple , de trois ingénieursnommés par l’état, trois par le prévenu , et trois citoyens choisis par les con-seils d’arrondissement ou de département, prononçât qu’il y a lieu à destitution.
Aujourd’hui, qu’un ingénieur se distingue par son zèle , qu’il ait des ta-lens supérieurs, une. grande expérience , et la plus louable activité , il pour-rait néanmoins , s’il avait le malheur d’être desservi près de l’autorité centrale,languir éternellement dans une situation subalterne. Au contraire, fût-ilignorant et borné , paresseux, négligent et sans ordre, on doit concevoirqu’il pourrait arriver des temps et des cas où , s’il partageait les idées et lespassions dominantes , il l’emporterait par son exagération même , sur des eon-currens qui n’auraient pour eux que leur modestie, leur sagesse , leurs tra-vaux et leurs lumières. Voilà des malheurs que je voudrais , dans tout ordrede choses , rendre absolument impossibles.
Quant aux appointemens des ingénieurs , ils devraient se composer , i°. d’unminimum fixe qui leur assurât, dans tous les temps, une existence hono-rable ; 2 °. d’un supplément proportionné à l’étendue , à la durée des travaux.Par ce moyen, l’activité serait récompensée, et l’on ne verrait pas des ingé-nieurs vivre dans leur résidence , en pleine oisiveté ; et, néanmoins , toucherd’aussi forts appointemens que d’autres ingénieurs accablés d’occupations.
Les arrondissemens et les départemens les plus riches , offrant de plus fortssupplémens aux officiers des travaux publics, ils voudraient attirer les talensles plus distingués , et les appelleraient d’un bout de la France à l’autre ; sanségard aux recommandations des bureaux , des salons , ni des antichambres.
J’ose assurer que des changemens heureux, grands, importans , pour laconfection et l’entretien des travaux publics , seraient bientôt la suite dupetit nombre d’innovations que je propose d’apporter à l’organisation du ser-vice , dans le corps savant des ponts et chaussées.