VOIES PUBLIQUES. 3
Dans quelques pays, loin de subvenir aux Irais de la voiepublique, les administrateurs des églises s’efforcent de l’encom-brer et de l’envahir. En parcourant l’Italie et d’autres contréesde l’Europe, j’ai toujours été frappé de voir les monumensreligieux que le voyageur admire pour leur grandeur et leurbelle architecture, obstrués de toutes parts , et dégradés par d’i-gnobles échoppes et des cahuttes adossées aux murs extérieurs.Ainsi, dans le seul motif d’un lucre mesquin , sont déparésdes édifices dont la majesté devrait exclure tout voisinage avecdes habitations profanes. Certes, les anciens respectaient da-vantage les édifices consacrés à leurs divinités. Ni les étaux deRome, ni les boutiques d’Athènes, ni les tavernes de Memphiset de Thèbes, n’étaient bâtis sur les fondemens-mêmes destemples de Minerve et de Jupiter, d’Osiris et d’Isis. Enfin, dansla terre promise, la main qui chassa du temple les vendeursqui osaient en profaner le sanctuaire, n’épargna point, sansdoute, les détaillans du péristyle, et les étalagistes du portique.
En Angleterre , des officiers civils remplissent ces austèresfonctions. Si la fabrique d’une église, si le chapitre d’une cathé-drale envahissaient une partie des rues et des places adjacentes ,pour y louer des masures qu’ils auraient adossées à ces édi-fices, les officiers municipaux abattraient d’autorité ces con-structions scandaleuses, et condamneraient à l’amende les usur-pateurs de la voie publique.
L’autorité municipale est chargée pareillement de veiller àce qu’autour des monumens civils, tels que les palais du par-lement et du ï’oi, l’on ne, voie jamais de semblables masures.Chez nous il n’a pas fallu moins que les tempêtes de la révo-
pavé, pour la demi-largeur de la voie publique, autour de ces édifices et le long desterrains vagues où l’on n’a pas encore bâti. Cette taxe est payée par les chapitresou par les fabriques des cathédrales et des églises , par les administrateurs des hôpi-taux et des prisons, et par les propriétaires des terrains vagues, contigus à la voiepublique.