XIV
INTRODUCTION.
et surtout la probité cle l'homme industrieux, qui maintiennent la su-périorité des productions et du commerce de son pays. Si jamais , dansles lies britanniques, l’utile citoyen perdait ces vertus,soyons certainsque pour l’Angletere, comme pour toute autre contrée, malgré laprotection des Hottes militaires les plus formidables, malgré la pré-voyance et les secours de la diplomatie la plus étendue et de la poli-tique la plus profonde, bientôt, les navires d’un commerce dégénéré ,repoussés de tous les rivages, disparaîtraient des mers qu’ils couvrentaujourd’hui des trésors de l’Univers, échangés contre les trésors del’industrie des trois royaumes.
Il faut pénétrer plus avant dans la connaissance d’un caractère au-quel le commerce d’Albion doit ses prospérités les plus étonnantes.Observons ce caractère, imprimant l’impulsion à la pensée autantqu’à l’action des individus, excitant une ardeur irrésistible, insatiable,de devancer tout rival, et surtout d’écraser l’étranger, par une con-currence à la fois personnelle et nationale; eh! quels moyens pouratteindre ce but ! Une activité froide, et continue, et méthodique;une audace méditée, qui fait tenter au spéculateur, tout ce que laprévoyance, et je dirais presque la divination des calculs , montrecomme ayant, au total, moins de chances de revers que de succès.Ajoutons à ces qualités, une persévérance dans les entreprises com-munes ou privées, qui tient à la stabilité des institutions, d’où liait,à la longue, la constance des caractères ; et tant de vertus énergiques ,exerçant sur les âmes une action dont le premier ressort est un espritpublic inspiré par l’excellence de l’ordre public, et par la protectioninviolable des lois les plus chéries.
A ces causes morales, ajoutons encore des règles d’économie politi-que et domestique, favorables à tous les intérêts, stimulantes pourtoutes les industries , encourageantes pour tous les talens.
Quant aux causes matérielles, nous placerons d’abord les voies pu-bliques et les établissemens , qui facilitent les transports et les dépôts ,à l’intérieur et dans le voisinage des côtes ; l’art même des transportset celui des échanges; enfin, la création des produits d’industrie,qui sont la matière de ces échanges.
Nous commencerons par décrire les travaux exécutés dans le desseinde rendre, sur chaque point de la Grande-Bretagne , rapides, faciles et