IilTUDES ET TRAVAUX. 161
qu’en augmentant par degres le calibre des balteries supe-l'ieures, il a fallu se menager de plus grands espaces pour lerecul des canons. Toutes choses egales d’ailleurs, la force of-fensive d’un navire , depend du poids et de la quantite desprojectiles qu’il peut lancer, dans uu temps donne. Ainsi,l’elargissement des batteries , produit par une diminution de larentree, en rendant la manceuvre des pieces plus aisee et plusprompte, accroit d’autant la force reelle et absolue des baii-mens de guerre.
Par la compensation de ces incouveniens et de ces avau-tages, les Anglais ont trouve que leurs vaisseaux conservaientencore une stabilite süffisante. Un tel exemple est digne detoute notre attention. 11 faut savoir perdre quelques degresd’une qualite nautique, pour atteindre le but essentiel de l’ar-cbitecture navale militaire : celui de faire des vaisseaux quisoient de la plus graude force militaire possible.
Les vaisseaux anglais ont tres-peu de tonture; cependant ilsen ont^ quoi qu’en aient dit les officiers, qui pretendaient avec lameme assurance que ces vaisseaux n’ont plus aucune rentree *.
* Si les batimeus n’avaient pas de tonlure (je ne parle ici que de la tonture de la lignedes sabords , la seule qui soit vraiinent importante), il faudrait ctablir les tirans d’eauavec uue teile precision que cetto tonture fut borizontale , lorsque le vaisseau est a lavoile. Si, pour lui donncr uue meilleurc marche , on reconnaissait qu’il faut porter plus depoids vers l’avant, les sabords de l’avant plongeraient le plus dans i’eau. Enfin, quand levaisseau prendrait de l’arc (or , remarquous qu’il en prend des sa rnise a l’eau , et qu’il euprend de plus en plus , soit qu’il navigue ou qu’il roste dans les ports), pour e’viter d’avoiruue tonture dont la convexite fut tourne'e du cöte' de la flottaison , on se trouverait avoirune tonture dont ce serait au contraire la concavite qui regarderait le plan de la flottaison.On n aurait donc pas evite la tonture , et celle qu’on aurait preferee aurait le grave incon-venient de rapprocher du niveau de la mer, les sabords extremes contre lesquels la vagues’eleve le plus baut dans les tangages.
Trop de raisons juslifient la tonture des vaisseaux pour la suppriiner entierement. Maisil ne faut pas non plus qu’elle soit excessive , comme l’elait celle des anciens batimensde toutes les nations. Depuis plusieui’s annees, nous l’ayons diminue'e; mais peut-etre nel’avons-nous pas encore assez. re'duite.
IV.
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