i54 FORCE NAVALE.
se laissaient pas intimider par l’aspect imposant de la masse desvaisseaux, il nous semble qu’elles auraient en leur faveur ,toutes les probabilites de la victoire.
La muraille des fregates e'tant moins epaisse que celle desvaisseaux serait, il est vrai, plus facilemeut penetree par leboulet ennemi; mais les boulets des fregates auraient cncore as-sez de force pour percer la muraille dun trois ponts. D’ailleurs,l’ceuvre morte des deux vaisseaux, presente (eu somme) unesurface plus etendue que celle des trois fregates, lesquellestirent un plus grand nombre de coups. Le tir en plein bois au-rait donc beaucoup plus de cerlitude contre les vaisseaux quecontre les fregates. Avantage important, et que ne saurait en-tierement balancer, la plus grande epaisseur de la muraille destrois ponts ; puisque celte epaisseur est bien au-dessous de cequ’elle devrait etre, pour que les boulets de fort calibre (24 et 4.2)lances par de grandes fregates , ne pussent pas la traverser.
Si trois grandes fregates peuvent attaquer avec avantage deuxvaisseaux a trois ponts, eiles doivent attaquer et mettre hors decombat, deux 80 ou deux 7/^
Les fregates qui accompagnent une armee navale et qui nesont pas employees a des fonctions speciales, devraient prendre,ä Tengagement, une pari beaucoup plus active qu’elles ne le fontdans nos escadres. Placees en echiquier derriere les parties me-nacees de la ligne , elles enfileraient directement les vaisseauxqui teuteraient de la couper, et leur feraient un tres-grand mal.Si quelquc bätiment ennemi parvenait neanmoins ä couper laligne, les fregates le prenant obliquement, Tempecheraient demettre (sans obstacle) nos batimens entre deux feux. Yoila ceque toutes nos fregates eussent du faire au combat de Trafalgar.Dans ces derniers temps, la nouvelle fregate anglaise le Lean-der ne craignit pas de se mettre en ligne avec les vaisseaux, quivinrent, a bout portant, detruire les batteries du port d’Alger.