]46 FORCE NAVALE.
des bouches ä feu, presente un grand et beau probleme qui n’estpas encore resolu j qui ne peut l’etre que par le secours de sa-vantes et nombreuses experiences, et dont la solution assureraitau peuple qui la trouverait le premier, une superiorite incon-testable sur tous ses rivaux. Nous en savons assez pour pouvoirprononcer que nous n’avons pas atteint la perfection , a cetegard^etnous devons nous efforcer den approcher, sans pas-sion et sans prejuges... Les plus solides raisons fout diminuer gra-duellement le poids des bouches ä feu, a mesure qu eiles appar-tiennent a des batteries plus elevees *. En par taut de cette base,et cherchant d’ailleurs toute la simplicite qu’il est possible dedesirer, ne pourrait-on pas n’employer que les canons dunseul et meine calibre ? de trente-six , par exemple ? Ces pieces
+ Malgre ce principe reconnu par tous les ge'ometres qui se sont occupes de l’arcliitecturenavale , et demontre par don Juan , jusqu’ä l’evidence , il n’y a que peil d’anndes encorequ’on appuyait fortement pour rendre en tout semblables les deux batteries des vaisseauxde 74 . On aurait remplace le 36 de la premiere batterie et le 18 de la secoude, par descanons ordinaires de 24 . On trouvait ä ce cbangement un grand avantage : celui del’uniformite des calibres , des boulets , des gargousses , etc. ; et de tous les objets d’ar-meraent et de reebange. Le 24 , d’ailleurs, est plus facile ä manier que le 36, et demandemoins d’hommes. Ces idees avaient tellement seduit, qu’ou ne semblait arr^te', dans leurr^alisation, que parce qu’on hesitait ä faire l’enorme de'pense de la refonte des canonsde 36, qu’on voulait abandonner dans tous les rangs de vaisseaux. Ce projet, cependant,nous semble ne pas pouvoir soutenir un solide exatnen. D’abord la charpente des vaisseauxsera plus fatiguee par deux batteries de 24 ordinaire, que par les batteries actuebes de 36et de 18 : on peut, il est vrai, remedier ä cet inconve'nient. Mais ce qui doit faire garderle 36 , c’est qu’il a, par la force de ses coups, des avantages qui le rendent extremementpre'cieux. Sans doute le Service des pieces de ce calibre , est aujourd’hui long et pe'nible;inais on peut en simplifier , en facilitcr, en accele'rer la manoeuvre. Si on reduisait ,commc il faudrait le faire et comme nous le proposons, le poids et la longueur de ces Ca-nons , ils n’auraient plus les ineonvc'niens qn’on leur reproehe , et conserveraient (ä tres-peu de cliose pres) tous leurs avantages.
Lorsque j’ecrivais cette note , j’e'tais loin de penser qu’en 1819 , un Ingenieur franjaisreviendrait ä l’ide'e d’armer les vaisseaux ä deux ponts avec deux batteries de 24- Onchoisit pour juger ce projet , une commission dont j’eus l’honneur d’etre nomine membreet rapporteur : eile rejeta cet armement, et proposa celui-ci: 28 canons de 36, 3o de 24 ,et 36 carronades de 36 : total, g4 bouches ä feu : cet armement ne fut pas re’alise'.