ÜTUDES ET TRAVAUX. 8t
enfirt, la force du mauvais temps avait conlraint notre es-cadre a caler ses mats de bune. Les Anglais, a l’aide du flot, con-duisirent conlre nous d’enormes batimens transformes eu bru-lots , ayant la proue formee de maniere a soulever l’estacade,plutöt qua l’enfoncer , et par ce moyen a la rotnpre plus aise-ment: ce qu ils lirent en effet. Neanmoins ces brulots ne purentpas incendier un seul de nos vaisseaux. Mais plusieurs deceux-ci, au lieu de remonter la Charente , et de se meltre liorsd’atteinte des coups de l’ennemi, se jeterent a la cöle. Ce futla que les petits batimens et les embarcations de l’ennemi vin-rent les attaquer, et les incendier sans qu’ils fussent secouruspar nos vaisseaux encore a flot. C’est donc comme e'pouvantail,et non point par leur force deslructive , que des brulots ontproduit la perle de notre escadre.
Les Anglais ont fait beaucoup de tentalives pour detruire,par le feu , l’innombrable flottille entassee dans le port et dausl’arriere-port de Boulogne : leurs efforts ont ete vains.
En general, on s’est beaucoup trop effraye des preparatifsque peut faire un ennemi maitre de la mer, pour bruler uneflotte qui garde lentree d’une riviere ou dun port. En mettanta la defense le sang-froid et la prudence qui font evaluer toutesles cbances de peril, et toutes les voies ä suivre pour parer audanger, on doit etre assure qu’on reduira presqua rien, lesdestructions tentees par les moyens incendiaires employes jus-qu a ce jour.
Je ne parle pas des torpe'dos, ni des inines flottantes *, ni desfusees a la Congreve, ni de beaucoup d’autres inventions quin ont eu que des succes presque nuls, a la mer. II faut attendreque ces moyens soient devenus de quelque efücacile , pourleui donner une place dans le tableau des grands moyens of-iensifs et defensifs de la force navale.
* V °y ez “ ce su i ct 1111 Memoire publie par M. Monigerv.
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