FORCE N AVA LE.
70
Nous tlevous eucore presenter une observation qui nous pa-raitdigne de remarque. Lorsqu’on appliquala force de lapoudrea l’art des combats, les amis de 1’liumanile furent consternes devoir que nous venions d’acquerir uu moyen si puissant de des-truclion. L’homme avait, par-Iä, decuplela distance ä laquelle ilpouvait porter un coup mortel ä ses sernblables : tout semblaitpresager qu’ä l’aide d’une invention aussi fatale , les guerresn’allaient etre, ä l’avenir, qu’une ayeugle boucherie qui ne lais-sant plus rien au genie ni a la vaillance, ferait bientot retomberles nations dans la barbarie.
Des efl’ets tout opposes ont dissipe pour jatnais ces craintescbime'riques. De ce que nos moyens de destruction ont pu s’e-tendre plus loin , il en est resulte seulement , dans les combatsde mer comiue dans les combats de terre, que les champs debataille ont acquis plus d’etendue , en largeur et en profondeur.Les lignes de combattans, au lieu de se choquer corps ä corps,se sont attaquees a distance. Les combinaisons fondees sur lanature des localites et sur la diversite des armes, ont acquis uneimportance plus grande encore. La surface entiere des plusvastes pays, est devenue comme un champ d’operations simul-tanees j les generaux ont du la saisir, dans son ensemble etdans ses grands caracteres, pour y distribuer leurs nouveauxmoyens d’attaque et de defense. Les combinaisons militaires,et l’elendue du theatre de la guerre, se sont de meme agrandiesdans les operations des armees navales. Aussi, depuis lors,a-t-on vu beaucoup plus rarement ces melees sur terre et cesabordages sur 111er, ou jadis d’innombrables barbares, se ruantsur les lignes des armees regulieres , qui ne pouvaient les re-pousser de loin, rendaient inutile la superiorite de l’art et de-cidaient, a force de sang , du destin des batailles.
D apres'cette opinion, louable au fond , mais erronee dansses conse'quences, que les armes les plus propres a la destruc-