11 est surprenant que l’exemple des arme'es de terre qui, pourforcer un cenlre ou une aile, forment d’epaisses colonnes, aulieu de faire avancer dans un ordre parallele des lignes d’uneimmense etendue, ne nous ait pas appris ä former de meinedes masses epaisses pour accabler le point faible de l’armeeennemie. Une ligne de trente yaisseaux manceuvrant seulementä deux tiers * d’encablure d’intervalle, occupe un espace decinq kilometres (J de lieue). Comment yeut-on que cet im-mense cordon recoiye des impulsions rapides d’un point uniqueoccupe par 1’amiral, et trop souvent invisible?... Comment uneaile, dans un peril pressant, pourrait-elle accourir a temps ausecours de l’autre aile, surtout s’il fallait aller contre le vent ?
Nous devons, relativement a tous ces objets , nous bornera rappeier l’altention des marins sur les difücultes les plusimportantes : eux seuls peuvent les resoudre. Leur gloire et lanötre endependent. Qu’ilsmeditent sur nos desastres de la der-niere guerre j ils y trouveront, nous osons le croire, le secretde la yictoire , pour des guerres a venir Mais, quelles quesoient en ce genre nos decouvertes tbe'oriques ou nos acquisi-tions pratiques , rappelons encore, rappelons toujours, quenous ne serons rien sans discipline, et surtout sans une autrediscipline que celle adopte'e jusqu’a ce jour a bord de nos flottes.
Au milieu du combat, un seul liomme ne peut diriger ä lafois les mouvemens de tous les yaisseaux d’une grande flotte.Dans une foule de circonstances, enveloppe d’ennemis , cou-yert de la fumee de leurs Canons ou des siens , non-seulement
■*“ Dans certaines circonstances , l’intervalle n’est que d’une demi-encäblure , inais eileest souvent plus considerable , meme en pre'sence de l’ennemi.
** Nous invitons les lecteurs a voir dans les Vicloires et conqueles des Francais, etc.,le re'cit des principales actious navales, redige' par M. Parizot, officier de marine , mis enretraitc it la fleur de Tage : ils y trouveront une foule de vues tres-saines. Les descriptionsde cet liabile ecrivain militaire , et les reflexions qui les accompaguent, inte'ressenl et fontpeuser : double fruit qu’on rctire de bien peu de lectures.