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qu’abandonne notre arriere-garde. Alors l’amiral francais etceux des siens qui restent autour de lui, pousses par des forcessuperieures, et pris entre deux feux, sont contraints de se ren-dre : ce fut la bataille la plus decisive depuis celle de la Hougue.
Le combat de Trafalgar offre la plus belle appli cation desvrais pnncipes de lart : applicaliou teile quon devait lat—lendre de l’amiral que la nature avait doue du coup d’ceilmilitaire et de l’insliuct strategique , les plus vastes et les plusrapides. Larmee fraucaise se presente en ligne, sous le vent,au plus-pres, et nayant pas assez d’air pour pouvoir prendreun ordre parfait, avant detre atteinte par rennerni. Nelsonse bäte de former deux colonnes d’attaque qu’il dirige surdeux poinls du centre de notre flotte. Dans celte marcbe,a mesure que les deux colonnes approchent de notre ligne ,'les vaisseaux assaillans forcent de voile, se deploient parordre de vitesse, et couvrent tout notre centre pour l’accabler.Pendant cetle manceuvre rapide, les deux ailes francaisesrestent dans l’inaction, l’avant-garde, au lieu de virer ventdevant pour prendre en flanc et de revers les colonnes assail-lantes , l’arriere-garde au lieu de forcer de voiles pour s’eleverjusqu’au lieu du combat. Ces ailes sont en ligne, et cela leursufiit : elles atlendent donc avec une effrayante impassibiliteque le centre soit detrnit; illest enfin. Alors oubliant leur pieuxrespect pour l’ordre sacre de la ligne , elles ne songent plusqu a la retraite.
Ne doit-on pas elre frappe de voir l’amiral qui commandaitl’arriere-garde d’Aboutir, causer par son immobilite la pertede celle armee navale; et, commandant une flotte entiere auTrafalgar, etre ecrase lui-meme , parce que ses deux ailes-imilent Vimmobilite dont jadis il avait donne l'exemple ?.
Jusqu’ici nos armees navales ont forme sur une seule ligneleur ordre de balaille , soit pour l’attaque , soit pour la defense.