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4,2 (1821)
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J6TUDES ET TRAVAUX. 61

tailles ¥ . Tis ont laisse saccretliter chez nos rivaux et cliez lesautres nalions , cette opinion fletrissante, quuue escadre fran-caise ne pouvait plus tenir de van t une escadre anglaise de-gale force. Nos marins meines ont semble finir par le croire,et cette erreur a produit les plus fatales consequences sur lesdestinees de notre marine

* Exceplons-en le bailli de Suffren , qui, dans lInde, fit avec tant de succes la guerreoffensive : trop hcureux de combaltre assen loin de la France pour n avoir jamais eu aprendre conscil que de son caractere enlreprenant et valeureux.

Cest egalcment une erreur de croire que la plupart de nos amiraux ont suivi pargoul et par caractere le Systeme defeusif et timore qui, depuis cent quarante ans, a predotninedans notre tactique navale. Durant cette longue periode, le gouvernement franjais , trouvant toujonrs excessifs les sacrifices quexigeail lentretien dune marine militaire, a tropsouvcnt prescrit h nos amiraux de tenir la mer le plus long-tcmps possible, sans cn venir ädes batailles doii pouvait sensuivre la perle de vaisseaux trop couteux ä remplacer. Souventon leur enjoignait, quand ils seraicut forcis de recevoirle combat, de'vitcr avec grand soinde compromettre le sort de leur flotte , par une aclion trop dccisioc. 11s se croyaicnt parcousequent oblige's de battre en relraiie , des quun cngagement prenait une tournure tropsericuse : ils acqueraient ainsi la funeste habitude de ce'der volontaircment le cliamp debataille , aussitot quun ennemi, mem,e inferieur , le leur dispulait avec courage.

Ainsi donc , entretenir ä grands frais une armc'e navale , pour lui prcscrire de ne pasfaire un entier usage de sa puissancc effective ; lenvoycr ä la reclierclic de lcnncmi, pourse rctirer honteuscment de sa prc'sence ; recevoir le combat au lieu de le donner coin-mencer des batailles , pour les finir par des simulacres de de'faitcs ; perdre la force morale ,pour epargner la force physique ; voila lcsprit qui, depuis la dccädence de Louis XIV jus-quaux cgaremens de Napoleon ( sauf quelques cxcepticns courtes et rares ) a guide le mi-nistere de la marine franfaise. On sait quels cn ont ete les resultats.

Les Anglais , en ne poussant pas leurs attaqucs contre nos flottes avec toule la vigueurquils ont montree dans ces derniers temps , alteignaient avec plus de lcuteur , mais nonmoins surement le bnt de leurs efforts. Ils profilaient de la pre'ponde'rance que notre pavil-lon militaire concedait benevolement au leur. Ils e'taicnt presque surs de voir nos batimensde guerre respccter leurs flottes marcliandes , meine escortees par une force infericure. LesAnglais, au coutraire, ardens ä courir sur nos vaisseaux marchands isoles ou re'unis , escorte'sou non , s enrichissaient aux depens de notre commerce ane'anti par degre's. Leur opulencecroissaute leur permeltait de de'velopper sur mer des forees de plus en plus grandes; tandisque nous tomlnons bicntöt dans un e'puisement qui ne permetlail pas meme de reparer lesfaibles pcrles de notre prudente arme'e navale , Inquelle se trouvait aiusi vaincue presque sansavoir combattu. Yoilä comment les guerres maritimes que nous avons commence'es contre1 Angletcire , avec le plus d e'clat et de bonheur, out llui par des desaslrcs qui nous ont