58 FORCE NAVALF.
force de l’homme, immediatement appliquee, etait le moteur leplus puissant et le plus sur. Yoila pourquoi, dans les combatsde l’antiquite, on yoyait les flottes faire beaucoup plus d’u-sage de leurs rames que de leurs voiles, pour s’approcher ous’eloigner, seviter ou s’aborder. L’action s’engageait ordinaire-ment par un beau calme. Celui qui manceuvrait pour accrocbersou eunemi, jetait des ponts d’un bord a l’autre. On combattaitalors de pied ferme, et c’etait en definitive les meilleurs soldats deterre qui remportaient la victoire. Yoila pourquoi, des que lesRomains eurent trouve le moyen de joindre leurs adversaires ,ils triompherent sur mer, avec les meines armes, la meme disci-pline et la meme vaillance qui les avaienl fait triompher sur terre.
Quelques peuples anciens crurent obtenir un puissant avan-tage, en construisant de grands navires qui presentaient beau-coup de rangs de rames, et beaucoup d’hommes employes a mou-voir chaque rame. Mais ils avaient beau multiplier le nombredes marins a bord de ces lourdes masses, la force eorporellede cliaque individu se trouvait trop disproportionnee avec lesefforts qu’il aurait fallu produire pour les mouvoir. Aussi l’onvoyaitdes batimens plus pelits, maisplus agiles, völliger autourde ces masses inertes, en briser les rames, et les assaillir ensuite,a la distance et dans la direction les plus favorables a l’attaque.C’est ainsi qua Salamine, les Atheniens triompherenl des Per-ses; et qu’Augusle vainquit Antoine, au combat d’Aclium.
Lorsque les modernes eurent trouve le moyen d’accumulersur un navire, assez de bouches a feu pour presenter uneforce de combat superieure a celle de tout un e'quipage,muni d’armes anciennes, il fallut, des deux edles, employerFartillerie comme instrument principal dattaque et de de-fense. Gelte artillerie, sur mer comme sur terre, augmental’espace qui separait ordinairement les combattans avant qued’en venir a la melee. I] fallut donc prendre un ordre de