3a FORCE N AVALE.'
faisait allouer aux apprentifs, une solde extraordinaire a la-quelle ils n’avaient aucun droit, et que touchaient pour leurpropre benefice les inge’nieurs charge's de les former. Eufin , ily ayait une grande partialite dans les recommandations d’a-vancement. La decouverte de ces abus multiplies, lit retirer,aux niaitres-constructeurs et ä leurs assistans, le privilege deprendre pour eux des appi-entifs.
L’etat perdit alors cette classe d’eleves qui, sortie de fa-milles aisees, arrivait dans les arsenaux ayec quelque instruc-tion premiere : classe qui, pouvant payer aux ingenieurs uneprime speciale, etait plus soignee et mieux instruite dans toulesles parties qui exigent quelque teinture des Sciences.
II y ayait encore d’autres apprentifs privilegies : c’etaientles jeunes gens attaches specialement aux contre-maitres. Maisles contre-maitres etaient interesses ä porter le plus haut pos-siblela solde de leurs propres eleves : il en resultait, souvent,des eyaluations de main d’ceuvre exagerees , au detriment deslinances publiques. Cet inconvenient fit aussi retirer aux contre-maitres le droit de former des apprentifs, pour leur proprecompte.
Anciennement, cbaque apprentif devait etre entretenu etnourri par son maitre, si ses parens n’etaient pas en etat de lefaire. Alors la totalite de sa paie revenait ä ce maitre. Par cetarrangement, chaque ouvrier constructeur receyait pour unapprentif, enyiron 70 /. st. par an. Son filteret etait de trouverun jeune homme dont les parens eussent une certaine aisance,et de se recommander pres d’eux par le soin ayec lequel il for-mait son eleve.
E11 1802, on changea totalement cet ordre de choses. Ondecida qu’a l’avenir les apprentifs, au lieu d’etre attaches per-sonnellement a quelque ouvrier, le seraient aux principauxofficiers dirigeant la branche des trayaux de l’arsenal, a laquelle