Stüdes et travaux. 3i
duquel ne s’etendent ni les lumieres des ouvriers, ni meme leslumieres de la plupart des ingenieurs-constructeurs.
Avant d’elre fait ingenieur, il fallait, par un apprentissagemanuel, 4tre devenu chai’pentier de vaisseaux. Beaucoup dejeunes gens etaient admis ä cet apprentissage sans savoir ni lireni ecrire. D’apres le Statut d’Elisabeth, sur tous les meliers,l’apprentissage deyait durer sept annees. Pendant tout cetemps, on n’enseignait aux jeunes constructeurs, autre ciioseque le trace des pieces de bois et le maniement des outils *.Ce noviciat aclieve, les meines jeunes gens servaient pendantdeux ou trois ans comme simples cliarpentiers. Ensuite onles faisait enlrer dans la maistrauce. On commencait par leurconfier la direction d’une escouade de quinze ouvriers et dequatre ou cinq apprentis j on leur donnait, avec le temps , unplus grand nombre d’horames a diriger; puis ils devenaientassistans du maitre-constructeur, et linalement maitres-con-structeurs dans les differens arsenaux de l’etat.
« Ainsi, disent les commissaires de la revision navale, ajjresapres avoir expose les fails que nous venons d’indiquer (3 e . rap.),des cliarpentiers parviennent ä diriger exclusivement la con-struction des vaisseaux , de laquelle depend la securite de l’em-pire, sans que l’etat ail pris une seule mesure pour leur donnerquelques connaissances matliematiques, dans la theorie det’arehiteclure navale. »
Autrefois le maitre-constructeur et ses assistans, avaient ledroit de s’attacher des apprentis qu’ils choisissaient dans desclassesplus opulentes et plus eclairees que celles des simples ou-vriers. Lesparensles plus aises sacriliaient des sommes conside-rables pour engager les constructeurs, a d’injustes preferencesen faveur de leurs enfans. Souvent, dans les arsenaux, on
Qnelqnes-uns etaient employcs aux traces de la salle des gabarils, et choisis , tantotsuivaDt leur merite , taHtot suivant la faveiu- et la partialite des olficiers.