FORCE NAVALE.
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Si le gouvernement anglais exige, des inferieurs, une entiereoheissance, un aveugle respect pour les superieurs : il exigede ceux-ci l’exemple de toutes les vertus militaires. Les Anglais
sirer. Mais es n’etait pas remedier ä ce malheur, c’etait au contraire en aggraver leseffets , que de redire partout a haute voix , h terre comme ä Lord , dans les ports commeä Ja mer , Ja turpitude de pareils choix , et toutes les fautcs commises par des hommesainsi clioisis.
Dirai-je qu’a Toulon , par excmple , dans ladevniere guerre, il etait rcfu par les ofticie-rssubalternes , de distinguer les capitaines de vaisseaux dont ils parlaient entrc eux et dcvantle public , par les trois denominatious de monsieur , du sieur, et du nomme un tel; selonqu’ils avaient une bonne , une mediocre ou une mauvaise opiuion de la probite , du talent
et de la vaillance des superieurs qu’ils distinguaient de la Sorte !. Or, que penser d’une
escadre oü l’on distinguait ainsi beaucoup de sieurs et non moins de nommes tels ou tels ?J’abandonne ce seid fait aux hommes qui cherchcnt , dans la composition et l’esprit desarinees , les causes de leurs succes et de leurs revers.
N’est-il pas arrive plus d’une fois , d’ailleurs , que les ofliciers les plus estimables outete les victimes de ce Systeme ge'neral de diffamation ? Et qulD tel bomme qui bien se-conde eilt fait des prodiges devant l’enncmi , n’a livre qu’un combat honteux , parce queson graud e'tat major l’ayait ddconsiderd aux yeux du petit e'tat major , et celui-ci aux yeuxde l’equipage!.
J’ai vu , dans les iles Ioniennes, un capitaine de vaisseau, en arrivant avec une fre'gate ,pour relever la Station d’une autre fre'gate commande'e par un plus ancien capitaine , arnenerd’abordson pavillon. Mais son pre'decesseur , apres avoir mis ä la voile , ayant ete force' derentrer par l’effet des temps coutraires, le nouveau venu refusa , contre toutes les regles , d’a-mener derechef le pavillon du commandcment: il affectait de braver partout son supe'rieur ,dont il dechirait la re'putation. Cependant, quelques temps apres, les deux capitaines setrouverent engages dans des comliats separes ; le rodomont, sans faire aucun elfort , perdithonteusement sa fre'gate ; et le capitaine dont on avait voulu fle'trir le nom dans l’opinionpublique , soutint avec acharnement un combat bonorable oü il perdit un bras et une jambe.
Par une suite naturelle de l’esprit d’insubordination , dont jamais nous ne pourrons faireune peinture assez hideuse, chaque individu se regardant comme bien supe'rieur ä ses chefs,soit en merite , soit en experience, nous avons vu maintes fois, au rnilieu des affaires les plusimportantes, des gene'raux et des capitaines se perraeltre de desobeir aux instructions et auxsignaux du commandant en clief, et de la Sorte devenir la cause de nos plus grands de'sastres.
Tant que la peine de mort , et de mort sans gräce , ne sera pas le prix ine'vitable decette coupable de'sobe'issance ; tant que la degradalion la plus fle'trissante , inllige'e avecle plus d’eclat, ne sera pas le prix de la de'consideration que tont subordonne cbercherait äjeter sur ses superieurs , disons-le hardiment , c’est en vain que nous esperons d’obtenirjamais quelque succes dans une guerre maritime.
J *rv.