ETUDES ET TRAVAUX. l5
glais n’ont eu cle batiment mieux tenu , sous tous les rapportsde la proprete , de la discipliae, du silence et de l’instruction.
Sur la flotte britannique , datts le combat comme liors ducombat, la Subordination la plus absolue marque la distancede l inlerieur au superieur.
Non-seulement il n’est pas permis au subordonue de rai-sonner sur un ordre qu’il recoit de son chef, et d’en diflererd’un monient, ni d’en modilier l’execution •, il est defendu auxsubordonnes, de quelque grade qu’ils soient, de rendre laconduite , les talens ou les operations de leurs chefs , l’objet deleurs satires et de leurs observations critiques *. Grace a cessages mesures , jamais un capilaine n’est deconside're par ses of-ficiers aux yeux des subalternes, et par ces derniers aux yeux del’equipage. Au lieu du Systeme odieux autant qu’absurde, quifait de la medisance et de la calomnie un moyen pernicieux dedeconsideration , un respect que rien n’altere , maintient entretous les grades cette confiance, cette deference et ce devouementqui, dans les combats, peuvent seuls reunir toutes les voloul.eset tous les efforts, pour oblenir de grands et durables sucees ¥ *.
* Reglemens sur le Service ä la mer.
* ¥ Je suis d’autant plus frappc des avantages d’un tel Systeme , cpie j’ai pu juger, parmes yeux, des fatales consequcnces du Systeme contraire. Sous le regime aujourd’liui si vautede la marine imperiale , j’ai vli renouvcler les scandales de J’esprit d’insubordination qui,sous Louis XV et sous Louis XVI, avait, a deux repriscs, perdu la marine franjaise. J’aivu les capitaines de vaisseaux manifester ouvcrtement leur mepris pour la plupart des aini-raux sous lesquels ils scrvaient , ou pouvaient servil 1 ; les capitaines de fregatcs rendre auxcapitaines de vaisseaux les sentimens d’abjcction que ceux-la te'moignaient pour les gene-raux; enfin , de grade en grade , jusqu’aux simples aspirans, jusqu’aux matelots meines, j’aipu voir un esprit de de'nigrement, un Lesoin de repandre la de'consideration sur les chefs etsur le commandeineut , infester l’esprit de tout subordonue, detruire la confiance des cqui-pages pour leurs officiers ; et, par la perte de cette confiance, aneantir Penergie et 1’eiTi-cacite de la force navale !
Sans doute a 1 epoque dont uous parlons et depuis le commenecment de la re'volution ,le besoin d officiers avait fait placer , ä cote d’un petit nombre d’hommes d’un merile e'galä leur vaillance, d autres officiers qui , sous tous les rapports , ne laissaieut que trop ä de'-