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FORCE NAVALE.
Cette idee si simple et si graude, de la patrie qui compte surl’accomplissement des devoirs de chacun de ses defenseurs,embrase tous les cceurs d’un nouvel enthousiasme; et la vic-toire reste üdele aux drapeaux de la severe discipline.
Nous avons eite, comme un modele, Fadministration du ma-teriel des vaisseaux anglais. Ajoutons qu’une regularite parfaitedans la tenue de ce materiel, est le plus sür indice de la disci-pliue observee a bord de la flotte britannique.
Quelle exquise proprete, quel ordre dans Fensemble et lesdetails de Finstallation et de Farrimage, dans la disposition etl’appret de tous les objets propres a la manceuvre ou au combat!
En meine temps, quelle austere decence parmi. les cliefs,quelle soumission parmi les subordonnes *, et dans un espacesi resserre, pour le nombre d’hommes qui s’y trouvent et quidoivent executer lant de mouvemens , obeir et repondre ä tantd’ordres divers , quel imposant silence ! (Fest le calme dela force, c’est le recueillement de la sagesse. Au milieu desoperations les plus compliquees , et meine dans la chaleuret Femporlement du combat, on n’entend que les paroles ducommandement, prononcees et re'petees de grade en grade,avec mesure et sang-froid. Point de conseils intempestifs, pointde murmures , ni de clameurs, ni de tumulte. Les chefs pen-sent en silence ; et les subordonnes agissent, en retenant leurparole et leur pensee.
Sans doute, le caractere flegmatique et la taciturnite natu-relle des Anglais, rendent moins difficile d’etalilir cet ordreparfait, ä bord de leurs vaisseaux. Mais on aurait tort de croirequil soit impossible d’obtenir de semblables resultals, merneavec des equipages composes de nos marins du midi, et sur-tout de Provencaux. J ai vu, pendant plusieurs annees, ceprodige opere par le capitaine de la Dryade * : jamais les An-
* Charles Baudiu , capitaiae de fregate , reforme' a trente-trois ans.