ETUDES ET TRAVAUX. tl
transporte d’enthousiasme. On elevait aux nues les heros quiveuaient cle sauver la patrie. Le monarque leur accordait destitres , des honneurs et des decorations. Le parlement votaitdes recompenses et des actions de graces. Les corporations ,les associations volontaires contribuaient a l’envi, pour venirau secours des veuves et des orphelins de ceux qui moururentdans le combat, et pour soutenir l’existence de ceux dont lesblessures interrompaient la carriere.
Mais au milieu de la joie generale, une perte irreparablevient ombrager d un crepe funebre, des lauriers si chers auxcitoyens. Le plus audacieux, le plus fortune des amiraux,apres avoir tant de fois obtenu des succes immortels, suc-combe au milieu de son plus beau triomphe, au milieu dutriomphe qui le place au rang des grands hommes sauveursde leur pays. Nelson meurt en combat tant ä bord du Vic-
tory.C’est le Victory meine qui rapporte en Angleterre, et
vient deposer a Greenwich, les restes du heros. Les lords, lescommunes, les lai'ques et le clerge , l’armee de terre et la ma-rine, tout se reunit pour celebrer les funerailles de l’enfant d’unministre de village; de celui qui comxnenca par etre mousse äbord d’un charbonnier, pour s’elever les armes a la main , jus-qu’au rang d’amiral et de pair de la Grande-Bretagne. Sa de-pouille morteile, environne’e de tous les ornemens de la vic-tohe, est amenee, du palais des marins invalides, jusquaWestminster, sur un navire quenvironnent mille embarca-tions decorees de Crepes et de lauriers.
A Westminster , le parlement, les princes, les ministres, et1 elite des citoyens, recoivent le tribut immortel que la marinemilitaire vient offrir ä la patrie. Au milieu de ce cortege natio-nal , les restes de Nelson, lionores des eloges et des pleurs de toutun peuple, sont porles en ti’iomphe dans un temple majestueux,dans la basilique de Saint-Paul , ou va s’elever une lombe eri-