FORCE NAVALE.
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pas accru dans la meine proportion que le nombre des bati-mens. En voici la preuye :
Effectif des marins en 1688. 4 2 ; 000
Elleclif maximum , dans la gucrre de sept ans.. . 70,000
Idem idem dans la guerre d’Ameriqiie. io 5 ,i 54
Idem idem dans la guerre de la re'publique Franjaisc. . . . 120,000
Idem idem dans la guerre de Fempire Francais. 145,000
Comment donc les Anglais, sans meine quadrupler lenombre des marins qu’ils avaient en 1688 , ont-ils pu dans laderniere guerre, suffire au Service d’une flotte cinq fois etdemie plus nombreuse , et d’une llotille huit fois plus nom-
breuse ?. Cette question est digne d’attirer 1 ’attention des
liommes qui clierchent ä connaitre les causes de la force et dela grandeur des nations.
Vers la fin du dix-septieme siede, les guerres maritimes sebornaient de la part de l’Angleterre, a livrer quelques combatsavec une ou deux flottes , ä faire quelques croisieres , quelquesblocus isoles, quelque enlreprise speciale et qui suffisait auxtravaux d’une Campagne. Mais dans la guerre navale qu’a vucommeucer et finir le dix-neuvieme siede , l’Angleterre aconcu la pensee d’attaquer presqu’en meine temps , les marinesde la France , de l’Espagne , de la Hollande , du Danemarck ,de l’Italie et meine de l’Amerique : eile a fait face ä toutes lespuissances maritimes. Non-seulement eile a bloque tous lesporls militaires qui pouvaient recder quelque escadre ou quel-que flotille, eile a bloque tous les ports de commerce ; et l’ona vu ce speclacle dont, jusqu’alors, aucune puissance maritimen’avait offert l’exemple : les liabitans d’une ile dont letendue estassez mediocre, sont parvenus a former, avec leurs seuls vais-seaux, une ligne continue d’observation, le long de toutes lescötes de l’Europe, de l’Asie, de l’Afrique et de l’Amerique. Tousles conlinens des deux mondes ont ete simultanement assieges,