CONSTITUTION DE LA MARINE. 107
vice; chaque sous-chef principal est lui-meme exclusivementCharge d’ua detail. De Sorte que les ministöres les plus vastespresentent bien des pouvoirs collateraux, des autorites egalesdans chaque degre de la hierarcliie administrative-, mais toujours,et partout, des pouvoirs isoles. Chacun repousse les autres et nepermet (pour employer Fexpression vulgaire mais consacree) nepermet pas que d ’autres se melent de son affaire. Malgre tout lezele et le talent des employes, il y a donc peu d’ensemble dansle Service, et peu d’activite dans la marche dun Systeme en-trave' par tant d’obtacles. Sansdoute, lorsqu’un homme doued’une grande force d’esprit et de caractere, arrive au timon d’ungouvernement ou d’un minislere ainsi constitue, il y produitde grandes choses, en donnant de nombreuses et fortes impnl-sions ä ces ressorts isoles qu’il plie sous sa volonte, pour les faireagir vers un seul et meme but. Mais, ä peine est-il ohlige deremettre en d’autres mains la direction du Service, que lemou-vement imprime perd son ensemhle \ les resistances renaissent,une sourde anarchie se reveille, et bientöt tout retombe dansle chaos et la nullite accoutume's.
Lors meme que le souverain s’efforce d’instituer des conseilsqui rendent la marche des affaires plus constante et plus eclairee,la jalouse ambition des ministres, et le sentiment de leur omni-potence, comme premiers delegues du despotisme et deposi-taires immediats du pouvoir arbitraire, ne leur permettent pasde suivre en cela les volontes du maitre.
Le gouvernement imperial nous presente un exemple frap-pant de cette impuissance du despotisme supreme, pour agirsur ses propres instrumens. Lorsque Napoleon tenait encored’une main ferme les renes de l’empire, il tenta d’arreter le coursdesastreux des affaires de la marine francaise, en placant, presdu chef de ce departement, des conseillers recommandahles parleur savoir et leur experience. Mais bientöt le ministre eut l’art