CONSTITUTION DE LA MARINE.rendu coupable, obtint du roi Georges II, de diriger seul et di-rectement la force nayale. Suivant la regle ordinaire, le premierministre transmet au conseil de Famiraute, les ordres supremesrelatifs ä la marine, arretes par le cabinet ; ensuite, le secretairede Famiraute transcrit ces ordres, en forme d’instructions adres*sees par ce conseil, aux commandans pour qui elles sont desti-nees. Mais le despotique Chatham, ecrivait lui-meme ces in-structions, et les envoyait ä signer aux lords de Famiraute, enordonnant a son secretaire particulier , de couvrir l’ecritureavec unefeuille de papier blcinc *. Ainsi, les directeurs naturelsde la marine anglaise, demeuraient dans une entiere ignoranced.es operations dont ils devaient neanmoins preparer tous leselemens. Leur activite, leur experience et leux’S lumieres etaientperdues pour l’etat j parce qu’un premier ministre, habile sansdoute, mais plus orgueilleux encore , envahissait , a lui seul,toutes les branches du pouvoir executif.
A coup sür, on n’osera comparer la guerre de sept ans **avec les vingt-un ans qu’ont dure les guerres de la revolutionfrancaise, ni pour le danger des circonstances, ni pour l’etenduedes operations, ni pour les difficultes compliquees des eve“nemens politiques et des evenemens militaires. Neanmoins,pendant la derniere guerre, Famiraute, non-seulement a connutoutes les expeditions importantes projetees par le cabinet,mais eile a puissamment contribue ä rendre ces expeditions, etbien combinees, et rapides, et decisives.
Parmiles instruclions donnees par Famiraute, il faut distin-guer celles qui varient avec la nature de chaque mission , etcelles qui sont permanentes. Ces dernieres etablissent Fordre
* Yie du comte de Chatham , p. 3o^.
** Observons meine que c’cst ä l’ouverture de cetle guerre maritime , exchisivementdirigee par Chatham , qu’eut licu la defaite la plus honteuse que les flottes auglaises aicntessuyee depuislors : cclle de l’amiral Byng dcvant Minorque.