CONSTITUTION DE LA MARINE. £9
voir. C’est la meine indulgence que les patriciens de Romeavaient pour tous les delits, pour tous les crimes tVun grandmagistrat qui nattaquait pas le patriciat meine.
Cependant , peut-on penser que lord Melville, dans le cas prisLei pour exemple, ait en tout evite son juste chatiment? Les des-ordres de son administration exposes aux regards de tout unpeuple •, la perte du poste important de premier lord de Fami-raute ; la honte de subir un jugement ou Felite des citoyenssiegeait en silence ayec les pairs, et prononcait tout bas plus se-verement qu’eux, contre l’accuse, Firrevocable sentence de l’opi-nion publique: enfin, pour un grand fonctionnaire qui ne trouvede digne recompense ä ses travaux, a son ambition, que dansFestime universelle, cette indignation nationale excitee contrelui par la publicite de l’accnsation, n’est-ce pas un chatimentassez severe, inflige pour des delits qni, certes, semblcnt legers,si nous les comparonsaux dilapidations exercees par les ministres
des gouvernemens despotiques?.Lord Melville est dechu de
ses emplois et traine comme un criminel, devant le tribunal su-preme de la nation, pour avoir laisse ses commis jouir de Yinteretde quelques millions de francs; et Mazarin, sous Louis XIV,apres une longue existence passee dans la fraude et le peculat,meurt en paix, en laissant un heritage de 20 millions de francs.
Neanmoins, le despotisme est pour les ministres , ainsi quepour le monarque, le regime le moins sur et le moins fortune.Un favori peut s’engraisser quelque temps de la depouille dessujets et desbiens de son prince 5 il peut tout ä coup sortir de lapauvrete, pour eclipser jusquau faste des rois, et regnerdansl’in-solence. Mais ä l’instant ou le peuple indigne, les grands irrites,le tröne humilie, forcent le maitre ä deployer son orgueil et savengeance, il reprend contre ses favoris memes, tout l’arbitrairequ il leur avait confie : l’exil a vie, la prison eternelle, la spo-liation, et 1 assassinat ou militaire, ou populaire, ou judiciairc,