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Ne-croit-on pas lorsqu’on entencl de tels discours, ecouter lesoracles de cet Areopage que Minerve presidait? Et lorsqu’unechambre remplit ainsi le devoir le plus redoutable aux ministres,peut-on dire quelle est en tout,et toujours, vendue auministere?
Remarquons ici la sagesse des usages du parlement britan-nique. La chambre des communes, justement satisfaite de sesfondes de pouvoirs, et voulant leur temoigner sa reconnaissance,a de'vance l’issue de la cause. Elle a saisi l’instant des deliberationssecretes qui suiyent les debats et precedent le jugement, pourdonner un suffrage impartial en faveur des magistrats accusa-teurs, suffrage qui doit elre toujours independant de la sentenceportee sur l’accuse ; suffrage, enfin, qui dans ce moment meinea d’aulant plus de prix, que l’opinion sur l’issue du proces n’estpas encore legalement fixee. Le devoir de la cliambre des com-munes n’est pas d’etre infaillible dans les accusations qu’elleintentej mais de ne decouvrir ni delit politique , ni seulementl’apparence d’un delit politique, Sans livrer cette apparence oucette realite, au plus severe examen des consei’vateurs et desvengeurs de la Constitution. Aussi, l’acquittement d’un accusen’dte rien au respect, a la reconnaissance que le peuple doiteprouver pour la chambre des communes et pour les promo-teurs de l’accusation. C’est ce qu on vit arriver lorsque l’acquit-tement de lord Melville eut ete prononce par les pairs.
II parait que lord Melville, comme la plupart des ministi’esanglais, etait personnellement pur de tout peculat j mais iletait certainement coupable d’une negligence pernicieuse pourles interets publics, et d’une facilite reprehensible, en laissantses employes tirer des deniers de l’etat un lucre defendu par laloi. Neanmoins, il fut completement absous 5 parce que lesLords formant un tribunal aristocratique, penchent toujourspour la douceur et l’indulgence envers des coupaliles qu’ils comp-tent dans leurs propres rangs , ou qu’ils doiyent un jour y rece-