COTES ET PORTS. 22g
thodes les plus propres à conserver aux Français la supé-riorité des lumières et de l’intelligence , supériorité qui, seule,peut les maintenir au premier rang parmi les peuples civilisés.
Liverpool a la gloire d’avoir fondé la première, en Angleterre,une grande école pour l’éducation des aveugles. On leur en-seigne à faire des tissus de toute espèce , des ouvrages de pailleet d’osier, etc. 5 les filles, séparées des garçons, apprennentces travaux, et ceux qui conviennent plus particulièrementà leur sexe. Une partie de ces jeunes aveugles reçoit des le-çons de musique vocale et instrumentale, pour charmer leurcécité, dans les momens de repos , et remplacer ainsi les jouis-sances du sens le plus actif, le plus physique en quelque sorte,par celles du sens qui parle le plus à l’âme. Ils ont une cha-pelle avec d’assez belles orgues. Dans les cérémonies reli-gieuses, les deux sexes forment des chœurs séparés, et chan-tent, soit ensemble, soit tour-à-tour. Leurs voix, accompa-gnées par le plus majestueux des instrumens, donnent encoreà la musique simple et touchante de l’église anglicane, uncharme plus attendrissant. Les aveugles sont gais durantle travail; au milieu de leurs occupations habituelles, uneconversation enjouée leur fait oublier les heures. Ont-ils besoinde quelques efforts d’attention ? Comme ils ne peuvent êtredistraits par l’aspect d’aucun objet extérieur, ils arrivent à desrésultats où ne parviendrait pas l’homme dont les yeux sont ou-verts à la lumière, et qui n’aurait qu’un égal degré d’intelligence.
L’école de Y Industrie féminine est admirable dans songenre. Là de jeunes filles pauvres apprennent à lire, à écrire,à tricoter, à coudre, à filer, etc. Lorsqu’elles excellent à lafois par leur travail et par leur conduite, on les récompenseavec des distinctions et de petites fonctions qui les conserventpour quelques années dans l’établissement. On leur économiseune modeste dot, qui leur est donnée lorsqu’elles se marient;