COTES ET PORTS. 187
Le grand môle extérieur dont la forme coudée est arrondie , au lieu deprésenter une courbure continue , est un polygone composé d’un grandnombre de côtés rectilignes faisant enlr’eux des angles très-obtus. Le mêmesystème est adopté pour le quai construit depuis peu d’années , devant l’arsenalde Woolwicli, sur la rive droite de la Tamise. ( Voyez Force Militaire.)
Auprès du port, 011 fait sauter avec la mine une montagne dont ontransporte les pierres , réduites en blocs plus ou moins gros , sur une très-longue route-ornière , pour les conduire jusqu’à l’endroit même de leur miseen œuvre , soit comme simples remblais, soit comme élémens réguliers des revê-temens *. J’ai remarqué les grues en bois employées sur le lieu de ces travaux **.
au quart et aux trois quarts des côtés, on a préparé des glissoires tout unies , par les-quelles on fait descendre les bois et d’autres matériaux nécessaires aux constructions. Oncompte alternativement quatre ou cinq petits gradins et un grand : la hauteur des petitsgradins est égale à leur largeur, mais les grands ont plus de hauteur que de largeur.
‘ Les chariots mis en usage pour ce genre de transports, méritent une descriptionparticulière. Une plate-forme fixée aux essieux du chariot, porte quatre roulettes pla-cées à égale distance; les plans des quatre roulettes sont tangens à la circonférence d’unmême cercle. Un cerceau plat, fixé sous la caisse du chariot, repose à la fois sur le»quatre roulettes: les roulettes et le cerceau sont en fer.
La caisse est formée d’un tronc de pyramide quadrangulaire, allongé dans le sens dela marche du chariot. Le cerceau de fer est fixé sur un châssis, sous l’arrière du fond de lacaisse. Par conséquent, l’avant de celte caisse est en saillie. Le châssis, à sa partie anté-rieure, lient nu fond de la caisse par une double charnière, de manière qu’au besoin onpuisse aisément faire culbuter la caisse. Il suffit pour cela que le centre de gravité de cettecaisse et de sa charge, soit un peu en arrière du plan vertical passant par les charnières :alors il y a stabilité; mais on conçoit que la moindre force peut, quand on le voudra,détruire celte stabilité. Lorsqu’on doit faire avancer le chariot, on accroche la partiepostérieure de la caisse, à la plate-forme fixée aux essieux. Par ce moyen, la caisse nepeut pas basculer. Le conducteur accroche le palonnier de son cheval à la partie anté-rieure de la plate-forme, et il part.
Arrivé jusqu’au point déterminé de la route en fer, où il doit décharger son chariot :i°. il délèle son cheval ; a°. assisté d’un aide qui est toujours au point de déchargement,pour ce genre de service, il décroche la caisse du chariot et la fait tourner d’un anglede quatre-vingt-dix degrés; 3°. le conducteur relire les clavettes fixées au quarré debois cloué au cerceau de fer tournant sur les roulettes ; / t °. pendant ce temps, l’aide ôtela planche qui ferme la partie antérieure de la caisse, et pèse sur cette partie pour faireculbuter la caisse. Alors les matériaux qu’elle contient tombent à côté et en dehors dela route en fer, et roulent sur la pente où on les décharge. Le cliarriot est évidem-ment disposé pour décharger, en avant de la route , s’il est nécessaire, sans avoir besoinpour cela de faire tourner la caisse.
** Elles se composent : i°. d’un haut montant tenu d’aplomb par des haubans qui