1-6 FORCE COMMERCIALE.
Les moyens employés pour fournir à Glasgow des eaux,pures et salubres , ne sont pas moins dignes d’étude ¥ .
Un établissement dont je n’ai vu nulle part d’imitation, estune maison publique construite aux frais de la ville , sur le borddu Clyde , afin que chacun puisse y venir laver sou lingeet l’y faire garder, pour un prix très-modique
Arrêtons-nous plus particulièrement sur les institutions quiconcourent aux progrès de l’industrieet du savoir qui la guide.
En 1788, un marchand de Glasgow, M. Coûter, parmibeaucoup de legs faits à sa ville natale, consacre un capital de
* Au moyen d’une machine à vapeur, on élève les eaux du Clyde, à 24 mètres de hau-teur, pour les diriger sur une colline , à l’ouest delà ville.Là , elles séjournent d’aborddans un grand réservoir quarré. Elles débouchent ensuite par quatre tuyaux de fer, dansquatre longs fossés, creusés au milieu d’un dépôt de sable, accumulé tout exprès. Cesfossés, établis à 3 mètres l’un de l’autre, et parallèles , ont 4 mètres de largeur au razdu sol.
A plus d’un mètre au-dessous du fond des fossés, on a fait un lit de pavés qui pré-sente quatre dos d’àne à l’aplomb des quatre fossés, et des rigoles à l’aplomb du milieude l’intervalle des fossés. Sur ces rigoles, qui s’étendent aussi loin que les fossés et mêmeplus loin jusqu’à un réservoir pour l’eau épurée, on a fait de petits arceaux en pierressèches, posées à dessein irrégulièrement, pour laisser beaucoup d’interstices; on a chargéces pierres de petits cailloux , sur lesquels on a versé le sable qui forme le fond et les re-bords des fossés. Il est aisé de voir que l’eau des fossés, filtrant à travers le sable et lescailloux et les pierres sèches, descend dans les rigoles qui, par une pente bien ménagée,l’amènent au réservoir d’eau épurée. De là jusqu’aux étages supérieurs des maisons de laville, des tuyaux syplions servent à conduire cette eau, dans un état de parfaite pureté.
**■ Deux cents laveurs ou laveuses peuvent y travailler à la fois. Cent grandes tineset quatre-vingts petites, cent banquettes pour s’asseoir , forment le mobilier de l’établis-sement. Voici quelques-uns des prix qu’on paie lorsqu’on en fait usage. Eau chaude etfroide pour la consommation d’une laveuse, pendant un jour, sans tines et sans banquet-tes, 4o centimes ; pour un demi-jour , 3o centimes. Location , pendant un jour, d’unegrande line, 10 centimes; d’une petite, 5 centimes ; d’une banquette , 5 centimes.
Remarquons aussi qu’attenant à la maison se trouve un enclos gazonné , sur lequelchaeuij,peut étendre son linge, et le consigner à la garde d’un homme qui n’a pas d’autreoccupation ; il en répond pour 3o ou 40 centimes, durant tout un jour; cl pour le dou-ble , durant une nuit. Les personnes versées dans l’économie industrielle jugeront dequel .avantage sont pour la société, de semblables entreprises, sous le double pointde vue des épargnes de combustible et de main-d’œuvre.