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sur la Carron * : tout près de l'embouchure de cette rivière dans le Fortli.
Le canal a nécessité l’exécution de plusieurs ouvrages d’art qui sont dignesde remarque. On a formé , pour l’alimenter , huit réservoirs dont la superficietotale est de 288 hectares : ils peuvent fournir l’eau nécessaire à vingt-cinqmille éclusées. On a construit ^trente-trois ponts-levis, ainsique dix grandset trente-trois petits aqueducs **.
Le bassin de partage a présenté des difficultés singulières , quant à son exé-cution. Il passe à travers des marais dont la vase, sans consistance , n’a pasmoins de quinze mètres de profondeur , en certains endroits. Dans cette par-tie du canal, les levées s’affaissaient continuellement ; elles s’éboulèrent sou-vent, jusqu’à l’époque où les eaux, introduites dans le lit excavé , firent équi-libre à la pression des terres avoisinantes.
Lepassage des bateaux dans les écluses ***, et leur navigation sur le canal, nesont pas moins remarquables par leur célérité, que la structure de ces écluses ****l’est par sa légèreté. Indépendamment de l’équipage de chevaux , qui traineau grand trot les galiotes destinées aux passagers, un postillon monté sur unpetit cheval appelé poney , prend les devans , au passage de chaque écluse etde chaque pont-levis ; met pied à terre -, aide à l’ouverture des portes ainsiqu’au lever des ponts; puis, dès qu’il a fini, repart au grand galop. Lamanoeuvre à bord du navire est pareillement digne d’attention, ainsi que le
* C’est la rivière qui donne son nom à la plus célèbre fonderie de l’Ecosse. Celte fon-derie possède un canal d’embranchement, des bassins et des routes en fer, pour l’arri-vage des matières premières et le départ des produits.
** Le plus considérable de tous a quatre arches, jetées sur la Kelvin, et construites enpierres de taille. Il a 2i mit -,35 de hauteur, sur 122 mètres de longueur; ses deux bordssont munis d’un chemin de halage. Les revêtemens verticaux de l’aqueduc ont la figured’un cylindre concave; à l’aplomb de chaque arche , les éperons des piles sont forméspar l’intersection des parties saillantes de ces cylindres : disposition qui réunit l’économieà la solidité.
*** En deux minutes une écluse est vidée. Afin de prévenir tout choc dangereux contreles portes , le navire est muni d’amarres dont les boucles se fixent, d’un coup de main ,à des crocs de fer, scellés dans la muraille des bajoyers. Pour lever et baisser lesventelles d’aval et d’amont, une des écluses est servie par l’éclusier , l’autre par un desmarins du bateau qui passe. Trois minutes suffisent pour l’entrée et la sortie du navire.
**** Elles sont d’ordinaire en mélèze, seul bois qu’on trouve en abondance dans cer-taines parties de la Haule-Écosse. Chaque porte a sa ventelle tenue par une tige en fer,dentée vers le haut, et s’engrenant avec un pignon qu’on fait agir au moyen d’un levieren fer. Un cliquet empêche la ventelle de retomber, lorsqu’on tire le levier d’un trou del’axe du pignon, pour l’embarrer dans le trou immédiatement supérieur , ainsi qu’on faitquand on manoeuvre un virevau.