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En remontant la rive droite du Clyde, à huit ou dix ki-lomètres de Dumbarton , nous arrivons à l’embouchure d’uncanal qui mérite de fixer toute notre attention.
Canal de Forth-et-Clyde . Dans l’alignement de ce canal, unesuite de gorges peu élevées et de vallons, sépare la Haute de laBasse-Ecosse. Les Romains avaient saisi cette direction remar-quable , pour en faire une ligne de défense contre les Calédo-niens. Sous le règne d’Antonin-le-Pieux, ils avaient construitune muraille flanquée de tours, depuis le Forth, à l’embou-chure de la rivière Carron, j usqu’au Clyde. La position militairequi ne servait au 3 e . siècle, qu’à mettre dans l’isolement, etsauver de la destruction, les frontières d’un empire déjà pen-chant vers sa ruine, fut reprise , au i8°. siècle, pour y créer unmoyen puissant de circulation , de commerce et de production.
En 1768, un Acte du parlement autorisa l’entreprise ducanal de Forth-et-Clyde, avec un embranchement jusqu’àGlasgow. Les travaux commencèrent sans retard, sous la con-duite de Smeaton, et d’après les plans d’un M. Kell, approu-vés par Brindley. On manqua souvent de fonds*, et le canal11e fut tout-à-fait achevé qu’en 1790, sous la direction deWithworth. Cependant, dès 1777, il était navigable, depuis leForth jusqu’au mont Hamilton, près de Glasgow. Il a coûté5oo,ooo liv. st. Voici le progrès des revenus de ce canal, qui
* A l’époque où l’on commença les travaux du canal de Fortli- et-Clyde, la Basse-Écosse était bien éloignée de ce degré d’opulence , auquel elle est parvenue de nosjours. Les actionnaires n’ayant pu compléter leur nombre, ils durent augmenter letaux de leurs actions. En 1778, les travaux n’étant point achevés, et les fonds sup-plémentaires se trouvant épuisés , il fallut ouvrir un nouvel emprunt qui ne put êtrerempli. Alors le gouvernement vint au secours d’une entreprise qui devait puissammenttourner au profit de la plus belle partie de l’Ecosse ; il prêta 5o,ooo liv. st., en se ré-servant, dans les dividendes, une portion de revenu proportionnée à celle des simplesactionnaires. Avec ce secours et celui d’un emprunt de 20,000 liv. st., on acheva lestravaux, en 1790. Aussitôt que la communication des deux mers, par le Forth et leClyde, fut complètement établie, le revenu du canal doubla de valeur. En peu d’années,la C io- put rembourser sur ses bénéfices les 70,000 liv. st. qu elle avait empruntées.